Sida & VIH : symptômes, dépistage et traitement

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Le VIH en chiffres

Le VIH reste un problème mondial de santé publique. En 2021, dans le monde, on dénombrait 38.4 millions d’individus infectés par le VIH, dont 1.7 millions de nouvelles contaminations. 

En 2021, 75 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde avaient accès à un traitement anti-rétroviral. L’espérance de vie et les conditions de vie des personnes séropositives se sont considérablement améliorées de nos jours lorsqu’elles bénéficient d’une prise en charge thérapeutique adaptée.

En France, en 2020, 170 000 personnes vivaient avec le virus du VIH, et 4 856 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH.

Transmis essentiellement lors de rapports sexuels, le VIH est un virus qui ne peut pas être éradiqué. En effet, les traitements actuels ne permettent pas de guérir de la maladie mais permettent en revanche d’empêcher son évolution vers le Sida, forme la plus grave de la maladie où surviennent les complications.

Le VIH : Qu'est-ce que c'est ?

Le Virus de l’Immunodéficience Humaine ou VIH, fait partie de la famille des Rétrovirus

Après avoir infecté un individu, le VIH s’attaque aux cellules immunitaires, et en particulier les lymphocytes T CD4+, responsables du déclenchement de la réponse immunitaire contre les infections bactériennes, virales et parasitaires.

Après la contamination (dite « primo-infection »), la personne va développer des anticorps contre le VIH. Ces anticorps peuvent être détectés par des tests spécifiques (tests de laboratoire ou tests rapides).

Si la sérologie est positive, le sujet est dit « séropositif », signifiant que la personne possède des anticorps et qu’elle a donc rencontré le virus.

Les anticorps n’empêchent pas le développement de l’infection, qui reste asymptomatique de nombreuses années. Durant cette phase, la personne peut transmettre le virus qui est présent dans l’organisme, et se multiplie silencieusement.

Les 2 types de virus du VIH : VIH-1 et VIH-2

Il n’existe pas qu’une seule espèce de virus du VIH, mais deux espèces identifiées : le VIH-1 et le VIH-2.

En France et en Europe, le VIH-1 représente 99% des cas de contaminations.

Dans le monde, on rencontre plus fréquemment le virus du VIH-2 en Afrique subsaharienne de l’Ouest : Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Burkina Faso, Sénégal, Sierra Leone et Gambie, ainsi qu’en Angola, dans les îles du Cap Vert et au Mozambique, avec également quelques foyers en Inde et au Brésil.

Bonne nouvelle pour les patients infectés par le VIH-2 : depuis le 23 décembre 2022, un arrêté est entré en vigueur, indiquant que désormais, les charges virales de suivi de ces patients VIH-2 pourront être également entièrement prises en charge par l’assurance maladie en ville. Ainsi les patients VIH-2 pourront également choisir le laboratoire qui leur convient pour leur suivi, ceci constitue une avancée majeure car désormais les patients pourront avoir le choix de leur parcours de santé, et seront libres de continuer leur suivi virologique dans les laboratoires de leur choix, qu’ils soient à l’hôpital ou en ville.

Quels sont les modes de transmission du VIH ?

En France, la transmission par voie sexuelle est le principal mode de contamination. Un rapport sexuel non protégé présente un risque dès le premier contact, qu’il soit anal, vaginal ou buccal, car le virus est présent dans le sperme, le liquide séminal et les sécrétions vaginales. Les rapports en période des règles ou lors des rapports violents responsables de lésions des muqueuses, même inapparentes, augmentent le risque.

La transmission du VIH est également possible par voie sanguine. Elle concerne les utilisateurs de drogue par voie intraveineuse qui échangent leurs seringues usagées. La transmission par transfusion sanguine a disparu du fait des contrôles pratiqués.

De même, il n’est pas recommandé de partager le nécessaire de toilette qui aurait pu être en contact avec du sang contaminé (rasoir, brosse à dent, coupe ongle).

Enfin, il est possible de transmettre le VIH de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement, ou l’allaitement au sein. Ce risque est faible aujourd’hui en France du fait du suivi de grossesse et de la prise en charge thérapeutique des mères séropositives.

Quels sont les symptômes du VIH ?

L’infection par le VIH évolue sur plusieurs années par différents stades. On distingue la primo-infection, la phase chronique asymptomatique puis symptomatique et le sida. Quel que soit le stade de l’infection, un sujet infecté est contagieux.

Lors du premier contact avec le virus, on parle de primo-infection. Le virus est très actif et se multiplie dans l’organisme. Des symptômes plus ou moins marqués peuvent apparaître :

  • Fièvre supérieure à 38°C,
  • Ganglions lymphatiques augmentés de volume
  • Eruptions cutanées,
  • Douleurs musculaires,
  • Diarrhées, vomissements.

Ces symptômes disparaissent 3 à 10 jours après leur apparition, parfois plus tard. Ils sont peu spécifiques car d’autres infections banales peuvent présenter les mêmes symptômes. De plus, une personne infectée peut rester asymptomatique dans la moitié des cas.

En cas de conduite à risque les jours précédents, il est fortement recommandé de consulter son médecin traitant en présence de symptômes ou de ganglions lymphatiques sans localisation précise.
Peu de cas de VIH sont diagnostiqués à ce stade favorisant la dissémination du virus aux autres partenaires en cas de rapport non protégé.

Après la primo-infection, on parle de phase chronique. Elle est d’abord asymptomatique. Le virus continu à se multiplier et seuls des ganglions lymphatiques sont présents. Au fur et à mesure de l’affaiblissement du système immunitaire dû à la destruction principalement des lymphocytes T CD4+, des symptômes apparaissent :

  • Fièvre modérée,
  • Sueurs nocturnes,
  • Perte de poids,
  • Augmentation du volume des ganglions.

Le SIDA est le stade final de l’infection par le VIH. Il peut survenir 10 ans ou plus après la contamination. Les défenses immunitaires sont au plus bas. Des complications graves apparaissent telles qu’infections opportunistes, cancers, perte de poids.

Une personne non traitée au stade SIDA a une espérance de vie entre 2 et 5 ans.

VIH et grossesse

Le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) est une infection qui peut affecter les femmes enceintes et leur bébé à naître. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15% des femmes enceintes vivant avec le VIH ne sont pas conscientes de leur infection. Si elle n'est pas traitée, la transmission du VIH de la mère infectée à l'enfant peut se produire pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement. Heureusement, grâce aux traitements antirétroviraux modernes, il est possible de réduire de manière très significative le risque de transmission du VIH de la mère à l'enfant, à moins de 2%. 

Après accouchement, il n’est pas recommandé aux femmes infectées d’allaiter le nouveau-né car le virus passe dans le lait maternel.

Il est important de souligner que le dépistage et le traitement précoce du VIH chez les femmes enceintes peuvent non seulement protéger la santé de l'enfant à naître, mais aussi améliorer la santé de la mère et prolonger sa vie. Si vous êtes enceinte ou prévoyez de le devenir, il est recommandé de réaliser un test de dépistage du VIH.

Prévention du VIH : Tests de dépistage et diagnostic

Le dépistage de l’infection par le VIH est réalisé à partir d’une prise de sang. Il est le seul moyen de savoir si l’on est infecté, la maladie pouvant rester asymptomatique plusieurs années.

En France, deux types de test de dépistage sont disponibles :

  • La sérologie « classique » (ELISA) réalisé dans un Laboratoire de Biologie Médicale, qui permet de déceler une contamination au plus tôt 6 semaines après un contact à risque. Ce test dépiste les anticorps spécifiques du VIH-1 et du VIH-2 ainsi qu’une protéine de la membrane du VIH-1 : l’antigène p24. On parle de « tests combinés », plus efficaces et précoces. Le délai d’obtention des résultats est inférieur à 24 heures.

En cas de sérologie positive ou douteuse, un test de confirmation est réalisé sur le même prélèvement à l’initiative du biologiste. Ce test est indispensable car il existe de très rares faux positifs des tests de sérologie. Le test de confirmation authentifie la présence de protéines spécifiques du VIH .
Dans tous les cas, une sérologie positive n’est validée que si elle est confirmée sur un second prélèvement afin d’exclure tout risque d’erreur sur l’identité de la personne infectée.

  • Le test de dépistage rapide d’orientation diagnostique (TROD) réalisé dans un Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) ou par des associations de lutte contre le VIH. Il est fiable pour détecter une contamination au plus tôt 3 mois après un contact à risque. Il s’effectue par piqure au bout du doigt. Un résultat positif doit être confirmé par un test de dépistage classique effectué soit en laboratoire, soit dans un CeGIDD.

La charge virale 

Elle permet de quantifier la quantité de virus circulant. Elle est le reflet du taux de réplication virale dans l’organisme. Elle est utile pour évaluer l’efficacité des traitements antirétroviraux prescrits aux patients infectés par le VIH.
Elle peut également être réalisée en complément d’un test de confirmation douteux ou négatif dans le cadre d’une sérologie positive.

NB : en cas d’infection par le VIH-2, c’est la quantification du VIH-2 qui doit être prescrite et réalisée par le médecin.

La numération sanguine des lymphocytes T CD4+ 

Ce dosage peut être réalisé pour évaluer le stade de l’infection. Le taux normal se situe entre 600 et 1.200 lymphocytes T CD4+ /mL de sang. Il est inférieur à 200 /mL de sang au stade Sida.

Toute personne pensant avoir été exposée à un risque d’infection par le VIH doit réaliser un test.

Depuis le 1er janvier 2022, il est possible de faire ce test de dépistage du VIH sans ordonnance, pris en charge à 100% sans avance de frais, sur simple demande et sans rendez-vous, dans tous les laboratoires d’analyses médicales de France.

A savoir

Un test de dépistage négatif ne veut pas dire que son partenaire n’a pas rencontré le VIH.

Pour s’affranchir du préservatif dans une relation de confiance, il est nécessaire d’attendre d’avoir un test de dépistage négatif pour chaque partenaire 6 ou 12 semaines (selon le test ayant été réalisé pour le dépistage, ELISA ou TROD) après la dernière prise de risque.

Prévention Pré-Exposition : la PrEP

Acronyme de l'anglais pre-exposure prophylaxis (soit prophylaxie pré-exposition), la PrEP est un traitement de prévention du VIH.

Il s'adresse donc aux personnes qui n'ont pas le VIH. C'est un traitement simple : il consiste à prendre, par voie orale, une combinaison de deux médicaments antirétroviraux. Il est commercialisé sous le nom de Truvada®, mais il existe aussi des génériques. Avant un rapport sexuel à risque, cette prophylaxie empêche la contamination par le VIH.

La PrEP ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles.

Traitement Post-Exposition (TPE)

Il est possible de débuter « un traitement d’urgence » en cas d’exposition au VIH (sexuelle ou sanguine). Il doit être débuté au mieux dans les 4 heures, mais impérativement avant 48 heures pour conserver son efficacité.

La personne qui a un accident d’exposition doit se rendre dans les services d’urgences hospitaliers, qui ont seuls la responsabilité de ce traitement.

Les traitements du VIH et du SIDA

Actuellement, il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer le virus dans l’organisme. Le traitement consiste en l’association de deux ou trois antirétroviraux : on parle alors de bithérapie ou trithérapie. 

Les principales classes de traitements anti-rétroviraux sont :

  • Les inhibiteurs de la transcriptase inverse
  • Les inhibiteurs de protéase
  • Les inhibiteurs d’intégrase

> Consulter le guide des traitements

Les traitements ont pour objectif d’empêcher les sujets infectés d’évoluer vers le Sida en maintenant un taux correct de lymphocytes T CD4+.
L’espérance de vie d’un patient infecté par le VIH est considérablement allongée avec une bonne prise en charge thérapeutique.

Les recherches de résistance au traitement :

L’efficacité des traitements antirétroviraux est suivie grâce à la charge virale VIH qui doit rester indétectable.

En cas d’augmentation de la charge virale le médecin doit vérifier si le patient prend son traitement correctement. Si le patient ne prend pas son traitement correctement alors des recommandations d’observance du traitement doivent être émises.si le patient prend bien son traitement, alors le médecin doit prescrire un test de résistance aux anti-rétroviraux pour vérifier que le virus n’a pas « muté » (ou changé).

> En savoir plus sur les traitements du VIH

 

Pour plus d’informations : 
Sida-Info-Service.org : 0800 840 800  (appel confidentiel, anonyme et gratuit)

Bibliographie : 

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