Dépistage du cancer du col de l'utérus : tout savoir sur le test HPV et le frottis
Le dépistage du cancer du col de l'utérus permet de détecter précocement les lésions causées par certains papillomavirus humains (HPV), avant qu'elles n'évoluent vers un cancer. En France, les modalités de dépistage ont évolué : le test HPV est désormais le test de référence à partir de 30 ans. Quelle est la différence entre le frottis et le test HPV ? À quel âge se faire dépister ? Comment se déroule l'examen ? Voici les réponses aux principales questions.
Le papillomavirus (HPV) en quelques chiffres clés
Le papillomavirus humain (HPV) est une infection très fréquente, mais le plus souvent sans gravité.
- Près de 80 % des femmes et des hommes sexuellement actifs seront exposés à un papillomavirus (HPV) au cours de leur vie.
- Dans plus de 90 % des cas, l'organisme élimine naturellement le virus en quelques mois à quelques années, sans conséquence pour la santé.
- Lorsque l'infection persiste, certains HPV à haut risque peuvent provoquer des lésions précancéreuses susceptibles d'évoluer vers un cancer du col de l'utérus.
- Les HPV 16 et 18 sont responsables d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus.
- Les infections à HPV et les lésions précancéreuses sont le plus souvent asymptomatiques, d'où l'importance d'un dépistage régulier.
Grâce à la vaccination contre le HPV et au dépistage du cancer du col de l'utérus, il est aujourd'hui possible de prévenir une grande partie de ces cancers.
Pourquoi réaliser un dépistage du cancer du col de l'utérus ?
Le cancer du col de l'utérus est causé dans la grande majorité des cas par une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV) à haut risque.
Le HPV est un virus très fréquent, transmis principalement lors des rapports sexuels. Néanmoins, elle n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible classique car il est également possible de se contaminer indirectement par des objets (eau, serviettes de toilettes, bains, saunas..), par des caresses manuelles ou des contacts peau à peau.
Au cours de leur vie, la plupart des personnes sexuellement actives seront exposées à un papillomavirus. Dans la majorité des cas, l'organisme élimine naturellement le virus en quelques mois ou quelques années.
Chez certaines personnes, le virus persiste et peut provoquer des lésions du col de l'utérus qui, en l'absence de prise en charge, peuvent évoluer vers un cancer sur plusieurs années.
Grâce au dépistage, ces lésions peuvent être détectées et traitées avant l'apparition d'un cancer.
En France, plusieurs milliers de nouveaux cas de cancer du col de l'utérus sont diagnostiqués chaque année, mais une grande partie d'entre eux pourrait être évitée grâce à la vaccination contre le HPV et à un dépistage régulier.
Quelle est la différence entre le frottis et le test HPV ?
C'est une question fréquente.
Contrairement à une idée reçue, le frottis et le test HPV ne sont pas exactement le même examen.
Le prélèvement cervico-utérin réalisé est souvent identique : un professionnel de santé recueille des cellules au niveau du col de l'utérus à l'aide d'une petite brosse.
En revanche, l'analyse effectuée au laboratoire est différente.
Le frottis (cytologie)
Le frottis consiste à observer les cellules du col de l'utérus afin de rechercher d'éventuelles anomalies.
Il permet de détecter des modifications cellulaires pouvant être liées à une infection par le papillomavirus.
Le test HPV
Le test HPV recherche directement la présence des papillomavirus humains à haut risque responsables de la majorité des cancers du col de l'utérus.
Il est plus sensible que le frottis pour identifier les personnes présentant un risque de développer des lésions précancéreuses.
À retenir :
- le frottis analyse les cellules
- le test HPV recherche le virus
- les 2 sont réalisés à partir d’un prélèvement cervico-utérin
À quel âge faut-il réaliser le dépistage son dépistage du cancer du col de l’utérus ?
Le programme national de dépistage organisé recommande un suivi régulier chez les personnes ayant un col de l'utérus âgées de 25 à 65 ans.
A partir d’un prélèvement cervico-utérin, 2 examens sont possibles :
Entre 25 et 29 ans
Le dépistage repose sur le frottis.
Deux premiers examens sont réalisés à un an d'intervalle. Si les résultats sont normaux, un nouveau dépistage est recommandé trois ans plus tard. Le frottis est un examen des cellules prélevées au niveau du col de l’utérus appelé « examen cytologique ou cytologie » qui permet de détecter d’éventuelles lésions pré-cancéreuses.
Entre 30 et 65 ans
Le dépistage repose sur le test HPV (Human Papillomavirus)
Contrairement au frottis, qui analyse les cellules du col de l'utérus, le test HPV recherche directement la présence de papillomavirus humains à haut risque grâce à une technique de biologie moléculaire. Effectivement, avant 30 ans le Papillomavirus est très fréquent, et le plus souvent transitoire. Il n’est donc pas utile de le rechercher. Mais après 30 ans, la détection du virus est plus sensible que le frottis pour dépister des lésions pré-cancéreuses.
Si le HPV est absent et donc que le test HPV est négatif, un nouveau dépistage est recommandé tous les cinq ans.
Si le HPV est détecté et donc que le test HPV est positif, l’examen est alors complété par un examen cytologique sur le même prélèvement.
Le test de détection du HPV ou Papillomavirus permet donc de détecter la maladie plus précocement et d’espacer davantage le rythme du dépistage en cas de résultat négatif.
Comment se déroule le dépistage du cancer du col de l'utérus ?
Le prélèvement lié au dépistage du cancer du col de l'utérus est réalisé par un.e médecin généraliste, un.e gynécologue ou une sage-femme ou un.e biologiste en laboratoire
Pendant l'examen :
- un spéculum est introduit dans le vagin afin de visualiser le col de l'utérus ;
- une petite brosse permet de recueillir des cellules ;
- le prélèvement est envoyé au laboratoire pour être analysé.
L'examen dure généralement quelques minutes. Il peut être inconfortable mais n'est habituellement pas douloureux.
Que signifie un test HPV positif ?
Un test HPV positif ne signifie pas que vous avez un cancer.
Il indique simplement qu'un papillomavirus à haut risque a été détecté.
Dans la plupart des cas, l'infection disparaît spontanément grâce aux défenses immunitaires.
Selon les résultats et votre âge, un examen complémentaire, comme une analyse des cellules du col de l'utérus ou une colposcopie, pourra être proposé afin de vérifier l'absence de lésions
Peut-on avoir un HPV (Papillomavirus) sans symptômes ?
Oui.
L'infection par le papillomavirus est généralement silencieuse.
La plupart des personnes infectées ne présentent aucun symptôme et ignorent qu'elles sont porteuses du virus.
C'est pourquoi le dépistage régulier est essentiel, même en l'absence de signes particuliers.
Et si vous réalisiez vous-même votre auto-prélèvement du papillomavirus (HPV)?
Saviez-vous que le dépistage du cancer du col de l'utérus par auto-prélèvement est également une alternative fiable ?
Dans nos laboratoires Cerballiance, des kits d'auto-prélèvements HPV avec notice sont mis à votre disposition, vous pouvez réaliser votre prélèvement à votre domicile ou dans une salle dédiée du laboratoire, en suivant les instructions du kit. Notre personnel en laboratoire est présent pour vous conseiller.
Après réalisation de votre auto-prélèvement, vous n'avez plus qu'à le remettre au laboratoire dans la journée et attendre vos résultats de dépistage du papillomavirus (HPV).
La vaccination contre le papillomavirus permet-elle de prévenir le cancer du col de l'utérus ?
Oui. La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) constitue un moyen de prévention complémentaire au dépistage. Elle protège contre les principaux types de HPV à haut risque, responsables de la majorité des cancers du col de l'utérus et de certaines lésions liées au virus.
En France, la vaccination est recommandée chez les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans, idéalement avant le début de la vie sexuelle, afin d'assurer une protection avant une éventuelle exposition au virus. Un rattrapage vaccinal est également possible jusqu'à 19 ans révolus selon les recommandations en vigueur.
Il est important de rappeler que la vaccination ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus. Même les personnes vaccinées doivent participer au dépistage selon leur âge et les recommandations nationales.
La vaccination et le dépistage sont deux mesures complémentaires qui contribuent à réduire le risque de développer un cancer du col de l'utérus.
Peut-on réaliser le dépistage du cancer du col de l’utérus pendant les règles ?
Il est préférable d'éviter de réaliser le prélèvement pendant les règles afin de faciliter l'interprétation des résultats.
En cas de doute, n'hésitez pas à demander conseil au professionnel de santé qui réalise l'examen.
Quels sont les facteurs de risque du cancer du col de l'utérus ?
Le principal facteur de risque est une infection persistante par un papillomavirus à haut risque.
D'autres facteurs peuvent favoriser le développement de lésions du col de l'utérus, notamment :
- le tabagisme ;
- une immunodépression ;
- certaines infections sexuellement transmissibles ;
- l'absence de dépistage régulier.
Comment réduire le risque de cancer du col de l'utérus ?
La prévention repose sur plusieurs mesures complémentaires :
- se faire vacciner contre le papillomavirus selon les recommandations ;
- participer régulièrement au dépistage ;
- consulter en cas de symptômes inhabituels, comme des saignements en dehors des règles ou après les rapports sexuels ;
- limiter les facteurs de risque évitables, notamment le tabagisme.
Le dépistage du cancer du col de l’utérus est-il pris en charge ?
Un dépistage organisé est mis en place depuis 2019. Ainsi, les femmes n’ayant pas réalisé leur dépistage depuis plus de 3 ans recevront un courrier de leur centre régional de coordination des dépistages des cancers (ou CRCDC) les invitant à consulter leur gynécologue, médecin traitant ou sage-femme ou biologiste en laboratoire pour réaliser ce dépistage.
En présentant le courrier d’invitation de l’Assurance Maladie ou sur ordonnance, elles bénéficient d’une prise en charge à 100% de l’examen et sans avance de frais.
Même en l'absence de courrier, il est important de réaliser son dépistage selon les recommandations en vigueur, car les lésions liées au papillomavirus (HPV) évoluent souvent sans symptôme.