Papillomavirus : symptômes, dépistage et traitement

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Le Papillomavirus humain en quelques mots

La plupart des hommes et femmes sont susceptibles d’être infectés par un Papillomavirus humain (HPV), le plus souvent au début de leur vie sexuelle (80% des femmes).

Il n’existe pas de test sanguin permettant son dépistage. En termes de santé publique, les deux moyens de prévention du cancer du col utérin sont la vaccination et le dépistage des infections HPV du col utérin.

En France, en 2018, Santé Publique France a dénombré 2900 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus. Le nombre de décès annuel est estimé à 1100.

Le papillomavirus : Qu'est-ce que c'est ?

Le papillomavirus humain est un virus infectant uniquement l’espèce humaine appartenant à la famille des virus Papillomaviridae.  Il existe plus de 150 types de Papillomavirus humains. Certains types sont responsables de cancer du col de l’utérus. On les appelle les HPV à haut risque de cancer (HPV-HR).

La plupart des infections au HPV sont asymptomatiques.

Les lésions, quand elles existent, touche la peau et les muqueuses.

Les types de Papillomavirus à faible risque oncogène sont responsables de condylomes qui sont des lésions bénignes mais très contagieuses de la peau ou des muqueuses. Les verrues cutanées sont également causées par les HPV.

Les Papillomavirus à haut risque sont responsables de cancer du col de l'utérus, de cancer anal, vaginal ou vulvaire. Les types HPV-16 et HPV-18 sont à eux seuls responsables de 70% des cancers du col.

Si 99% des cancers du col de l'utérus sont dus à l'HPV-HR, la grande majorité des infections HPV-HR n'aboutissent heureusement pas à un cancer. Dans la plupart des cas, le système immunitaire élimine spontanément le virus.

Le cancer est toujours précédé de lésions précancéreuses qui mettent des années à se transformer en cancer.

Le traitement des lésions empêche d’évoluer en cancer.

Mode de transmission des Papillomavirus

L’infection s’attrape majoritairement par voie sexuelle. Néanmoins, elle n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible car il est également possible de se contaminer indirectement par des objets (eau, serviettes de toilettes, bains, saunas..), par des caresses manuelles ou des contacts peau à peau.

Le risque de contamination est maximal au début de l’activité sexuel chez l’homme ou la femme.

Les facteurs de risque sont les suivants :

  • Age des premiers rapports sexuels,
  • Nombre de partenaires sexuels,
  • Association à d’autres IST,
  • Immunodépression,
  • Tabagisme,

Symptômes des infections à Papillomavirus

Le Papillomavirus HPV est responsable d’infections le plus souvent bénignes et asymptomatiques : condylomes, verrues cutanées, papillomatose orale.

Le virus peut provoquer des lésions qui apparaissent quelques mois après contamination mais dans certains cas, les manifestations peuvent survenir des années après le contact, on parle de latence. Le virus est présent mais reste inactif.

Condylomes

Les condylomes sont de petites lésions des muqueuses qui peuvent prendre plusieurs aspects :

  • Les condylomes acuminés : prennent l’aspect de petites verrues ou d’excroissances en forme de chou-fleur, plus familièrement appelées « crêtes de coq » et de couleur rosée. Les lésions peuvent être isolées ou regroupées sur une même ou plusieurs localisations.
  • Les condylomes papuleux : prennent l’aspect de petites saillies fermes (papules) de couleur peau ou rosées, isolées ou confluentes.
  • Les condylomes plans : prennent l’aspect de taches planes (macules) de couleur rouge ou peau. Ils ne sont donc pas toujours visibles.

Ils sont localisés au niveau génital ou anal et sont le plus souvent indolores. Ils peuvent être internes ou externes. Selon les pratiques sexuelles, il est possible que les condylomes soient localisés au niveau de la bouche.

Les lésions peuvent régresser mais souvent leur nombre et leur taille tend à augmenter.

Cancers du col de l’utérus

Il est souvent silencieux. Il est précédé par des lésions précancéreuses souvent elles-mêmes asymptomatiques.

Le cancer se manifeste par :

  • Saignements vaginaux anormaux,
  • Douleurs dorsales ou au niveau du bassin,
  • Perte d’appétit et perte de poids,
  • Altération de l'état général

Papillomavirus et grossesse

Au cours de l’accouchement, le risque de transmission est plus important pour les jeunes femmes présentant des lésions types condylomes acuminés.

Le virus HPV contamine le plus souvent les tissus respiratoires du bébé (papillomes laryngés) mais des lésions anales ou génitales sont possibles.

Diagnostic biologique d'une infection à HPV

Il n’existe pas de diagnostic du papillomavirus par prise de sang.

Condylome

Le diagnostic de condylome repose uniquement sur l’examen clinique du patient. L’aspect des lésions permettant de confirmer le diagnostic. Il n’existe pas de test biologique.

Lésions précancéreuses du col de l’utérus

La recherche de papillomavirus se fait à partir du frottis cervico-vaginal.

C’est l’ADN du virus qui est recherché par PCR pour les génotypes responsables de cancer du col de l’utérus (types 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59).

Le dépistage du Papillomavirus par prélèvement gynécologique est pris en charge par la sécurité sociale.

Traitement des infections à Papillomavirus

Condylome

Selon la taille et la localisation du condylome, différents traitements peuvent être envisagés (crème, cryothérapie, électrocoagulation, laser).

Dans tous les cas, une disparition du condylome n’exclut pas une récidive car le virus reste présent. Seule la lésion est traitée.

Cancer du col de l’utérus

Le traitement est fonction de l’étendue du cancer aux organes voisins ou distants. Il repose sur une combinaison de chirurgie, radiothérapie et la chimiothérapie.

Les modes de dépistage du Papillomavirus

On ne cherche le virus du Papillomavirus qu’après 30 ans. Avant cet âge, il existe beaucoup d’infections au Papillomavirus (HPV) qui disparaissent spontanément. Le test HPV risque alors d’être trop souvent positif, en inquiétant inutilement les femmes testées. Il existe en France un programme de dépistage national pour toutes les femmes à partir de 25 ans.

Les modalités du dépistage national sont les suivantes : tous les 3 ans de 25 à 30 ans, après 2 tests réalisés à un an d’intervalle et dont les résultats sont normaux, puis tous les 5 ans, entre 30 et 65 ans.

 

Le prélèvement cervico-utérin communément appelé « frottis » permet de dépister la présence de Papillomavirus à haut risque (HPV-HR) dans les cellules du col. Si le virus est détecté (10 à 20% des cas), on peut sur le même prélèvement réaliser directement une étude des cellules du col au microscope pour dépister précocement les anomalies. Ce prélèvement gynécologique ne peut être réalisé que par un médecin (gynécologue, généraliste, biologiste...) ou une sage-femme.

L'auto-prélèvement vaginal permet de rechercher les HPV-HR grâce à un kit d’auto-prélèvement spécifique à retirer dans un laboratoire Cerballiance. L’auto-prélèvement est un geste plus simple que celui réalisé par un professionnel de santé. 

A la maison ou en laboratoire, ce prélèvement est effectué par la patiente qui récupère, grâce à un écouvillon, des cellules par un léger frottement sur les parois du vagin. En cas de positivité du test (10 à 20% des cas), un prélèvement gynécologique complémentaire doit être pratiqué pour analyser au microscope l’aspect des cellules.

Cet article, destiné au grand public et rédigé en décembre 2022 par un rédacteur scientifique, reflète l'état des connaissances sur le sujet traité à sa date de mise à jour. L'évolution ultérieure des connaissances scientifiques peut le rendre en tout ou partie caduque. Il n'a pas vocation à se substituer aux recommandations et préconisations de votre médecin ou de votre pharmacien.

Prévention des infections à Papillomavirus

La vaccination contre l’infection HPV-HR est la meilleure prévention.  

Deux vaccins contre le papillomavirus existent en France.

L’un est bivalent, c’est-à-dire qu’il protège contre les deux principaux types : HPV-16 et HPV-18 à haut risque oncogène (Cervarix©).

L’autre est nonavalent (Gardasil© 9) et permet de se protéger contre 9 types [types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58].

La durée de la protection contre l’HPV n’est pas connue précisément, mais elle est de plusieurs années, et aucun rappel n’est actuellement recommandé.

La vaccination est recommandée pour toutes les filles et garçons de 11 à 14 ans révolus, avec un rattrapage possible pour tous les adolescents et jeunes adultes (hommes et femmes) de 15 à 19 ans révolus.

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