Diagnostic de Mycoplasma genitalium par biologie moléculaire

Chers consœurs, cher confrères, 

L’ensemble des biologistes des laboratoires du réseau Cerballiance est heureux de vous annoncer la mise à votre disposition du diagnostic moléculaire des infections à Mycoplasma genitalium.

Cette bactérie est responsable d’infections génitales chez l’homme et la femme. Elle s’impose de plus en plus comme un agent majeur des maladies sexuellement transmissibles (MST), au même titre que Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae.

Son diagnostic est d’autant plus important qu’il s’agit d’un pathogène ne répondant pas aux schémas de traitements anti-chlamydiens et anti-gonococciques actuellement recommandés.

Contexte de prescription

Chez l’homme, M. genitalium arrive en seconde position après C. trachomatis dans les étiologies des urétrites non gonococciques (UNG) aiguës et est particulièrement impliqué dans les UNG persistantes et/ou récurrentes1. Près d’un tiers des patients infectés sont asymptomatiques2. En pratique, il est recommandé de le rechercher systématiquement en cas d’urétrite chronique ou suite à un échec de traitement d’une urétrite aiguë.

Chez la femme, M. genitalium peut être responsable de cervicites muco-purulentes, avec une incidence proche de celle de C. trachomatis. Il peut aussi provoquer endométrites et salpingites, avec un rôle possible dans certaines infertilités tubaires. Les infections asymptomatiques sont très fréquentes (40-60 % des femmes sont asymptomatiques) ce qui rend possible son diagnostic même en l’absence de signes cliniques dans le cadre d’un dépistage 3.

Comme pour les autres agents de MST, il est toujours recommandé de dépister également le partenaire sexuel.

Intérêt de la biologie moléculaire

La culture de la bactérie est très longue (plusieurs semaines) et le diagnostic sérologique n’est pas approprié. La biologie moléculaire, méthode rapide et très sensible, s’impose aujourd’hui comme la seule méthode adaptée pour effectuer le diagnostic.

Cette technique est réalisée quotidiennement au sein de notre laboratoire, ce qui permet de vous rendre un résultat rapidement, à J+1 après le prélèvement, en même temps que les résultats pour la recherche de C. trachomatis et N. gonorrheae.

Prélèvements

Les prélèvements à réaliser sont les mêmes que ceux effectués pour le dépistage des autres agents de MST.

Chez l’homme, le diagnostic peut s’effectuer sur un premier jet urinaire en l’absence préalable de toilettes.

Chez la femme, le diagnostic peut s’effectuer avec un écouvillonnage cervico-vaginal ou un premier jet urinaire en l’absence préalable de toilettes.

Tous les laboratoires du réseau Cerballiance en Ile-de-France sont aujourd’hui en mesure de réaliser et de prendre en charge ces prélèvements.

Malgré l’incidence importante des infections à M. genitalium, l’examen n’est pas encore inscrit à la nomenclature des actes de Biologie Médicale (NABM). Le coût de cet examen pour vos patients sera de 20 euros.

Les biologistes du réseau Cerballiance sont à votre disposition pour plus de renseignements.

Bien confraternellement

 

1 Taylor-Robinson et al, Clin Microbiol Rev, 2011

2 Falk et al, Sex Transm Infect, 2004

3 Anagrius et al, Sex Transm Infect, 2005