Dépistage du cancer du col de l’utérus

octobre rose 2017

Le cancer du col de l’utérus est le 4e cancer féminin en termes de fréquence dans le monde. Il est à l’origine en France de 3000 nouveaux cas et de 1000 décès par an. Pourtant, le diagnostic et le traitement de la maladie en cas de dépistage précoce sont pratiquement toujours suivis d’une guérison.

Cancer du col de l’utérus et Papilloma virus

Le cancer du col de l’utérus est attribuable au papillomavirus humain (HPV) dans près de 100 % des cas.

L’infection à Papilloma virus est la plus fréquente des infections sexuelles. La transmission se fait lors de rapports sexuels, même s’il n’y a pas pénétration et le préservatif protège mal contre cette infection.

Elle est extrêmement répandue avec 80 % des personnes (hommes et femmes confondus) qui seraient infectées au cours de leur vie. Le plus souvent l’infection est transitoire, car notre organisme élimine le virus dans plus de 90 % des cas en 1 à 3 ans.

Mais lorsque le Papilloma virus n’est pas éliminé par le système immunitaire, l’infection peut persister et se traduire par des lésions des tissus du col de l’utérus pouvant être de nature précancéreuse, régresser spontanément, persister ou évoluer vers un cancer du col de l’utérus.

Le Papilloma virus est en effet impliqué dans environ 5 à 10 % de la totalité des cancers, en particulier les souches à haut risque oncogène (HPV−16 et HPV−18). Parmi ces cancers, les lésions gynécologiques, dont les carcinomes épidermoïdes du col de l’utérus, sont les plus fréquentes.

Il n’existe aucun symptôme spécifique du cancer du col de l’utérus, d’où l’importance du dépistage.

Principaux facteurs de risque du cancer du col
  • une infection persistante par le Papilloma virus (souches à haut risque HPV 16 ou 18),
  • des premiers rapports sexuels tôt dans la vie,
  • des partenaires sexuels multiples,
  • des antécédents de maladies sexuellement transmissibles,
  • le tabagisme,
  • l’absence de suivi par frottis.
Principes du dépistage :

Entre 25 et 30 ans : le dépistage reste fondé sur la réalisation de deux frottis à 1 an d’intervalle, puis tous les 3 ans en cas de résultat normal. Un frottis est un examen des cellules prélevées au niveau du col de l’utérus qui permet de détecter d’éventuelles lésions pré-cancéreuses. Le prélèvement est rapide et indolore.

Entre 30 et 65 ans : La recherche du Papilloma virus remplace le frottis en première intention. Effectivement, avant 30 ans le Papilloma virus est très fréquent, sa présence n’est pas grave et le plus souvent transitoire. Il n’est donc pas utile de le rechercher. Mais après 30 ans, la détection du virus est plus sensible que le frottis pour dépister une femme à risque (en effet, 10% des femmes présentant un frottis normal développaient un cancer dans les années suivantes).

Si le virus est absent, un test négatif permet d’espacer le prochain dépistage à 5 ans. Si le virus est détecté, l’examen est alors complété par un examen cytologique (frottis) voire une colposcopie.

Le test de détection du Papilloma virus permet donc de détecter la maladie plus précocement et d’espacer davantage le rythme du dépistage en cas de résultat négatif. Il présente aussi un 3e avantage : il peut être réalisé sur un prélèvement effectué directement par la patiente à l’aide d’un écouvillon (sorte de coton tige).

Attention:  pas encore de remboursement actuellement pour cette nouvelle stratégie de dépistage. La prise en charge par l'assurance maladie est en attente d'une prochaine parution au Journal officiel de la République

Un dépistage organisé est en place depuis 2019

Ainsi, les femmes n’ayant pas fait réaliser leur dépistage depuis plus de 3 ans recevront un courrier de leur centre régional de coordination des dépistages des cancers les invitant à consulter leur gynécologue, médecin traitant ou sage-femme pour réaliser ce dépistage. Elles sont bien sûr libres de l’accepter ou non.

En présentant le courrier d’invitation au médecin ou à la sage-femme, elles bénéficient d’une prise en charge à 100% du test par l’assurance maladie ainsi que de l’absence d’avance de frais.

Un autre moyen de prévention, la vaccination

Elle vise à éviter l’infection par les génotypes de papillomavirus humain à haut risque oncogène, le plus souvent responsables des cancers du col de l’utérus.

Ce vaccin est recommandé pour les jeunes filles entre 11 et 14 ans et avant le début de la vie sexuelle, afin de les protéger avant qu’elles ne soient exposées au risque d’infection. Une recommandation de la vaccination chez les garçons est en cours de discussion.

L’efficacité du vaccin sur la diminution des lésions précancéreuses est désormais démontrée.