Le point sur le cholestérol

Le dosage du cholestérol est un des examens les plus courants prescrits en laboratoire. L’augmentation du taux de cholestérol (hypercholestérolémie) peut évoluer pendant plusieurs années sans aucun symptôme visible et provoquer un bout d'un certain temps un infarctus du myocarde (un cas sur deux), un accident vasculaire-cérébral ou un rétrécissement des artères (artérites) des membres inférieurs. Il est donc essentiel d’effectuer régulièrement un bilan lipidique. 

Aujourd’hui en France, il est recommandé dans le cadre d’une évaluation du risque cardiovasculaire global chez les hommes après 40 ans et chez les femmes après 50 ans, mais aussi lors d’une prescription d’une contraception hormonale œstroprogestative ainsi qu’en présence de certains événements de santé ou facteurs de risque (maladie cardiovasculaire, hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale, tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de trois ans, notamment).

Qu'est-ce que le cholestérol ?

Le cholestérol a deux visages en fonction de la molécule qui le transporte. 

  • Celui qui protège en assurant le bon fonctionnement de l’organisme correspond aux lipoprotéines de haute densité: c'est le HDL ou « bon » cholestérol. 
  • Celui qui nous met en danger créant des problèmes cardio-vasculaires en se déposant sur les parois de notre circulation sanguine correspond aux lipoprotéines de faible densité: c'est le LDL ou « mauvais » cholestérol.  

L’apport extérieur de cholestérol par l’alimentation  (~1/5 du cholestérol) et sa production par le foie (~4/5 du cholestérol) sont très liés à des facteurs génétiques. A alimentation égale, le métabolisme du cholestérol sera différent en fonction de chaque individu. 

L’Hypercholestérolémie Familiale (HF) est une maladie génétique fréquente caractérisée par l’exposition précoce au « mauvais » cholestérol. En l’absence de traitement adapté, des complications cardiovasculaires peuvent survenir dès l’âge de 20 ou 30 ans, voire même dès l’adolescence, pour les patients souffrant de la forme la plus sévère de la maladie.

Comment réussir son dosage du cholestérol ?

Le prélèvement doit s'effectuer après 12h de jeun, de préférence en période d'alimentation habituelle, à distance d'une grossesse ou d'une maladie aiguë, notamment une infection ou un accident cardiaque.

Pensez à signaler d'éventuels traitements en cours car certains médicaments peuvent modifier les concentrations de HDL cholestérol et de LDL cholestérol dans le sang, notamment l'insuline, les corticoïdes, la vitamine C, les anti-épileptiques, les oestro-progestatifs (contraception). 

Le saviez-vous ?

  • 95 à 98% des graisses sont des triglycérides.
  • Une diminution de 1 mmole (0.39g/l) de LDL cholestérol diminue les risques d’accidents vasculaires de 20% quel que soit le dosage initial.
  • Le bilan lipidique est aussi appelé "exploration d’une anomalie lipidique" (EAL) et correspond au dosage du cholestérol total, du HDL cholestérol, du LDL cholestérol et des triglycérides.
Quelles sont les dernières actualités de la recherche sur le cholestérol ?
  • Le LDL cholestérol et son traitement

Une étude française de novembre 2018, basée sur un questionnaire et un examen de santé avec un bilan lipidique chez des adultes de 18 à 74 ans, a montré que la proportion d’adultes avec un LDL cholestérol >1,6 g/l n’a pas évolué depuis 2006. Elle est relativement élevée par rapport aux autres pays industrialisés. La proportion d’adultes déclarant avoir déjà eu un bilan lipidique et celle des adultes qui suivent un traitement a diminué. 

Ce nouvel état des lieux témoigne d’une situation qui reste préoccupante en France, dans la mesure où l’augmentation du LDL-cholesterol dans le sang est souvent associée à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire. Cette étude montre une tendance   à l’augmentation à la fois du cholestérol moyen et de la proportion des patients ayant un taux très élevé de LDL (>1,9 g/l).

Référence : Bull Epidémiol Hebd. 2018;(37):710-8


  • Impact très significatif de la période des fêtes de fin d’année sur le dosage du cholesterol total et du LDL cholesterol.

Une étude danoise de décembre 2018 a démontré que le taux de cholestérol total est de 15% plus élevé en moyenne chez un individu en décembre-Janvier qu’en Mai-Juin. Pour le LDL cholestérol, la différence est de 20%. 89% des individus montrent une augmentation du cholestérol total  par rapport aux valeurs normales durant la première semaine de janvier (77% pour le LDL cholestérol). Un dosage de cholestérol total effectué la première semaine de janvier aura 6 fois plus de risque d’indiquer une hypercholestérolémie que le reste de l’année. Il en résulte que toute hypercholestérolémie diagnostiquée après les fêtes de fin d’année doit impérativement être contrôlée à distance avant d’envisager un traitement.

Référence : Atherosclerosis : 281:121-127


  • Importance de dépister les hypercholestérolémies familiales (HF) pour mettre en place un suivi adapté. 

L’hypercholestérolémie familiale (HF) est à la fois sous-diagnostiquée et sous-traitée, alors que les patients qui en sont atteints sont à très haut risque cardiovasculaire. Une étude française, menée par les équipes de Toulouse, Strasbourg et Lille estime qu’une personne sur 250 en serait atteinte dans la population générale  Chez ces patients, il a été retrouvé 21 % d’antécédents cardiovasculaires prématurés contre moins de 1 % pour les patients sans HF. Plus des deux tiers étaient sous traitement  diminuant les lipides dans le sang, mais aucun n'était traité par statines à haute dose. Parmi ces patients, le traitement n’a pas permis d’atteindre les valeurs cibles recommandées de LDL cholestérol. La majorité des sujets (85 %) avaient cependant bénéficié d’un dosage de cholestérol dans les 12 derniers mois, et le LDL cholestérol moyen était de 2,1 g/l sous traitement contre 3,1 g/l sans traitement. Cette étude confirme donc un traitement hypolipémiant largement insuffisant chez ces patients présentant une HF.

Référence : Janvier 2019. JESFC 2019, Bérard E et al., abstr. C457.


  • Le HDL cholesterol : un médicament d’avenir ?

Les lipoprotéines de haute densité (HDL) ont suscité un intérêt croissant en raison d’une diminution du risque cardiovasculaire quand leur taux augmente. Le HDL a un effet favorable sur la plaque d'athérosclérose. En plus de son rôle essentiel dans le transport du cholestérol, il possède également des propriétés fonctionnelles susceptibles d’exercer une influence protectrice sur l’inflammation, l’oxydation, la formation des vaisseaux sanguins et la régulation du glucose. Cela a conduit au développement d'une famille de médicaments utilisant les HDL, testés chez l’homme et qui laisse entrevoir de nouvelles possibilités thérapeutiques.

Référence : Février 2019. Pathology, 51 (2), 142-147.