Hépatite B : nouveau schéma vaccinal suite à la pénurie de vaccins

L’hépatite B est une maladie infectieuse due à un virus.

En France, le nombre de personnes porteuses de ce virus est inférieur à 1% de la population. Le nombre de personnes infectées est beaucoup plus important en Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud Est (environ 8% de personnes porteuses du virus).

Comment se contamine-t-on ?

La transmission de la maladie d’une personne à une autre se fait soit par voie sanguine (transfusion avec du sang contaminé, utilisation de drogues par voie intra-veineuse), soit par voie sexuelle, soit de la mère à l’enfant.

Le nombre de personnes infectées a été fortement réduit en France grâce à la mise en place de mesures de prévention :

  • respect des règles d’hygiène en milieu hospitalier ;
  • mesures concernant la sécurité transfusionnelle ;
  • dépistage systématique des femmes enceintes permettant d’éviter la transmission au nouveau-né par une sérovaccination à la naissance.

La contamination par relations sexuelles reste le mode de transmission le plus fréquent. Une transmission intra familiale est également possible, probablement par contact avec le sang, la salive, l’urine ou la sueur de la personne contaminée.

Quels sont les conséquences de l’infection ?

L’infection est le plus souvent asymptomatique mais le portage chronique du virus peut évoluer vers une cirrhose ou un carcinome hépato-cellulaire (cancer du foie). L’hépatite B est ainsi responsable de 0,5 à 1,2 million de décès/an dans le monde.

Lorsque la contamination a eu lieu chez le nouveau-né ou pendant la petite enfance, ces complications sont plus fréquentes que lorsque la contamination a lieu à l’âge adulte.

Quels sont les traitements ?

Aucun traitement à ce jour ne permet une guérison complète de l’infection car le virus a la possibilité de persister en petite quantité dans les cellules du foie, se rendant hors d’attente du système immunitaire et des traitements.

Il existe cependant des traitements qui permettent d’éviter l’évolution de la maladie vers une cirrhose ou un cancer, en diminuant la multiplication du virus jusqu’à disparition du virus dans le sang.

Pour bénéficier le plus tôt possible de ces traitements, il est donc important de se faire dépister si on est en situation à risque (rapports sexuels non protégés, utilisation de drogues injectables) : en effet, on estime à 55% le nombre de personnes qui ne savent pas qu’elles sont porteuses du virus.

Comment éviter de se contaminer ?

Il est important de suivre les règles de prévention contre les infections sexuellement transmissibles (utilisation du préservatif), afin d’éviter une contamination par le virus de l’hépatite B mais aussi de se prémunir contre toutes les autres maladies sexuellement transmissibles (HIV, Syphilis, Chlamydia…).

D’autre part, la vaccination permet une protection efficace contre le virus de l’hépatite B. Elle est particulièrement recommandée dans les situations à risque : présence d’une personne infectée dans l’entourage, transfusions multiples, voyages en Afrique ou en Asie du Sud Est, usage de drogues injectables, professionnels de santé, partenaires sexuels multiples…

Chez le nourrisson, le vaccin contre l’hépatite B peut être associé à ceux contre le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche et l’Haemophilus influenzae en une seule injection.

Trois injections sont en général conseillées : après la 1ère injection, une 2e sera réalisée à 1 mois et une 3e entre 6 mois et 1 an.

Il existe depuis le début de l’année une pénurie de vaccins contre le virus de l’hépatite B. Ces vaccins doivent donc être utilisés prioritairement pour les personnes suivantes :

1. Les personnes qui dans le cadre de leur exercice professionnel sont soumises à l’obligation vaccinale doivent être vaccinées en priorité. Ceci concerne notamment les professionnels de santé et les militaires à l’incorporation.

2. En dehors du cadre professionnel et en raison de l’importance de l’exposition au risque :

- Les nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs

- Les personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples

- Les usagers de drogues par voie parentérale

- Les personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie pour l’hépatite B

- Les personnes dialysées ou présentant une insuffisance rénale chronique

- Les personnes candidates à une greffe d’organe, de tissus ou de cellules

- Les personnes de l’entourage d’une personne porteuse chronique de l’antigène HBs

- Les partenaires sexuels d’une personne infectée par le virus de l’hépatite B ou d’un porteur chronique de l’antigène HBs

- Les personnes détenues