Intolérance au gluten (maladie cœliaque)

Largement répandue dans notre alimentation, le gluten est l’association de deux protéines issues principalement de céréales comme le blé. De nos jours 1% de la population française présente une intolérance au gluten, également appelée maladie cœliaque.

De cette intolérance résulte une inflammation des tissus digestifs responsable de la maladie. Pas ou peu symptomatique le plus souvent, elle est pour certains cause de troubles digestifs, fatigue, malnutrition ... .

Le diagnostic repose sur le dépistage sanguin d’anticorps spécifiques ou la recherche de gènes associés à la maladie. L’analyse des tissus digestifs après biopsie est également réalisable.

 

En France, l’intolérance au gluten, appelée également maladie cœliaque, concerne jusqu’à 1% de la population.

Le gluten : qu'est-ce que c'est ?

Le gluten est une substance élastique formée par l’association de 2 protéines présentent dans le blé : la gluténine et la gliadine.

Le gluten est également présent dans d’autres céréales comme l’orge, le seigle et l’avoine, même si pour cette dernière, il s’agit souvent d’une contamination par les autres céréales.

C’est le gluten qui mélangé avec de l’eau est responsable de l’élasticité des pâtes boulangères.

Quels aliments contiennent du gluten ?

Le gluten est présent dans tous les aliments qui contiennent du blé, de l’orge, du seigle ou de l’avoine.

Les farines, pâtes, gâteaux, panures à base de chapelure (poisson pané, escalopes milanaises…), sauces, farces… contiennent du gluten. De même, certains ingrédients ajoutés aux aliments peuvent contenir du gluten comme les épaississants (produits allégés), amidon de céréales…

Qui est concerné par l’intolérance au gluten ?

Le nombre de personne présentant une intolérance au gluten varie de 5 à 10 pour 1000 habitants. Il s’agit de personnes génétiquement prédisposées, c’est-à-dire qui possèdent sur leurs chromosomes les gènes HLA-DQ2/DQ8 responsables de l’intolérance au gluten.

Toutes les tranches d’âge sont concernées avec une fréquence plus importante entre 6 mois et 2 ans (introduction des aliments) et entre 20 et 40 ans. De même, 20 à 30% des patients atteints ont plus de 60 ans.

Les femmes sont plus affectées que les hommes (2 femmes pour 1 homme).

On estime que 80% des personnes intolérantes au gluten ne développent peu ou pas de symptômes.

Les symptômes associés à l’intolérance au gluten

Il faut distinguer 3 pathologies associées au gluten, à savoir :

  • L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque,
  • L’hypersensibilité au gluten,
  • L’allergie aux protéines du blé.

L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque

La maladie cœliaque est une atteinte inflammatoire des tissus digestifs de nature auto-immune, c’est-à-dire que l’organisme fabrique des anticorps contre lui-même et plus particulièrement contre certains organes qui le compose.

Cette inflammation provoque une atrophie des villosités intestinales, c’est-à-dire une diminution de la surface de contact des tissus présents dans l’intestin avec les aliments ingérés. Cette atrophie est responsable d’une malabsorption et donc d’un déficit en vitamines et autres éléments indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

Les symptômes rencontrés sont les suivants :

Chez l’adulte :

Symptômes digestifs

  • Diarrhée chronique : c’est-à-dire qui se produit régulièrement voir tous les jours,
  • Constipation : moins fréquente mais peut survenir,
  • Ballonnements,
  • Flatulences (émission de gaz intestinaux).

Symptômes non digestifs

  • Anémie par carence en fer ou acide folique (B9),
  • Troubles osseux (déficit vitamine D et calcium),
  • Fatigue, amaigrissement et dyspepsie (digestion difficile et douloureuse),
  • Crampes musculaires,
  • Des aphtes récidivants,
  • Ostéoporose,
  • Stérilité,
  • Fausses couches récidivantes.

La maladie cœliaque est fortement associée à la dermatite herpétiforme qui est aussi une intolérance au gluten, mais à manifestations cutanées.

Chez l’enfant :

L’enfant est fatigué, triste et apathique.

Les symptômes digestifs sont les mêmes que ceux de l’adulte.

Symptômes non digestifs pouvant être associés

  • Retard de croissance (poids et taille),
  • Anémie par carence en fer,
  • Retard de puberté chez l'adolescent,
  • Symptômes neurologiques,
  • Anomalies de l'émail

L’hypersensibilité au gluten

Elle provoque que des troubles fonctionnels digestifs tels que douleurs abdominales, ballonnement et alternance diarrhées-constipation.

Il n’y a pas d’atteinte des villosités intestinales et un régime sans gluten peut suffire à faire disparaître les symptômes.

L’allergie aux protéines du blé

Elle provoque des manifestations allergiques cutanées, voire œdème de Quincke dans les cas plus graves.

Quels examens pour le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur plusieurs éléments :

La mise en évidence d'anticorps spécifiques

La recherche des anticorps anti-transglutaminase et anti-endomysium de classe IgA est réalisée en première intention.

Il s’agit de protéines spécifiques qui circulent dans le sang des patients atteints intolérants au gluten. Cette recherche nécessite la réalisation d’une prise de sang effectuée au laboratoire.

Certains patients, pour une toute autre raison, peuvent présenter un déficit en protéines de type IgA. Pour exclure ce déficit, un dosage pondéral des IgA est associé à la demande du médecin.

Si déficit il y a, les protéines recherchées sont les anticorps anti-transglutaminase et anti-endomysium de classe IgG.

Une recherche négative des anticorps négative rend peu probable le diagnostic d'intolérance au gluten.

Le typage génétique

En deuxième intention, pour conforter le diagnostic, la recherche des gènes HLA-DQ2/DA8 peut être demandée : on parle de typage génétique.

Cette recherche est effectuée à partir de sang prélevé sur le patient.

La biopsie

Dans tous les cas, si la recherche des anticorps est positive mais qu’un doute persiste après réalisation du typage génétique, le diagnostic est confirmé par une endoscopie avec réalisation de biopsies de l’intestin grêle (prélèvements de fragments de tissu digestif).

L’analyse des fragments révélant des lésions des tissus liées au processus inflammatoire dans le cas de la maladie cœliaque.

Quels sont les complications ?

Les complications de la maladie cœliaque sont nombreuses :

  • Retard de croissance : petite taille définitive,
  • Stérilité,
  • Enfant de petit poids à la naissance,
  • Fractures osseuses,
  • Risque de maladies auto-immunes,
  • Risque de cancers,
  • Risque de lymphome,
  • Accidents cardiovasculaires.

Le régime sans gluten à vie protège en grande partie de la survenue de la plupart des complications.

Traitement de la maladie cœliaque

Le traitement de la maladie cœliaque consiste à suivre un régime alimentaire sans gluten à vie. Il n’existe aucun traitement médicamenteux à ce jour.

Le régime repose donc sur la suppression des aliments contenant du blé, de l’orge, du seigle et de l’avoine, substitués par des aliments à base de riz, d’amidon de maïs ou de fécule de pomme de terre.

Le suivi strict de régime sans gluten réduit significativement les symptômes et les risques de complications. Une amélioration des symptômes est observée après 1 mois de régime.

Si le régime sans gluten est bien suivi, la disparition des anticorps spécifiques de la maladie cœliaque intervient après quelques semaines et une régression de l’atrophie des villosités intestinales est observée après 12 à 18 mois.

La difficulté du traitement consiste au suivi strict du régime. Moins de la moitié des patients le suivent correctement.

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