Infertilité chez l'homme et examens biologiques du sperme

L'exploration de la fertilité masculine se fait tout d'abord par un spermogramme et spermocytogramme, examens simples mais indispensables, qui peuvent être suivis par des examens complémentaires plus spécialisés.

Ces autres tests vont permettre un diagnostique de l'anomalie du sperme, une évaluation du pronostic de la fertilité masculine et une orientation thérapeutique.

Il faut toujours prendre en compte dans l'évaluation de la fertilité masculine les variabilités des caractéristiques du sperme qui sont très importantes et dépendent de nombreux facteurs.


L'infertilité de cause masculine

Pour un couple, l'infertilité, c'est-à-dire l'absence de grossesse au bout d'un an de rapports sexuels réguliers, non protégés et sans contraception, est d'origine masculine dans 30 à 40 % des cas.

Les causes de l'infertilité masculine sont diverses et liées à la présence d'anomalies des spermatozoïdes (nombre, mobilité, forme) due à:

  • la présence de facteurs favorisants (substances toxiques, agents polluants...)
  • une anomalie sécrétoire au niveau des testicules ou une obstruction des canaux éjaculateurs (maladie génétique, infection, traumatisme)
  • une production d'anticorps anti-spermatozoïdes suite à un traumatisme
  • des troubles de l'éjaculation secondaire à une maladie neurologique (complication du diabète, ...)

Qu'est-ce que le sperme ?

Le sperme est constitué d'un liquide appelé "plasma séminal" ou encore "liquide séminal", produit par des glandes lors de l'éjaculation (la prostate, les vésicules séminales, les épididymes), dans lequel vont nager les spermatozoïdes, cellules sexuelles mâles produites par les testicules.

Différentes analyses de sperme sont possibles pour évaluer la production et la qualité des spermatozoïdes, du sperme, dans le cadre d'un désir d'enfant, ou encore avant une intervention ou un traitement pouvant induire une diminution de la production de spermatozoïdes.

Les caractéristiques du sperme sont très variables d'un individu à un autre et d'un prélèvement à l'autre pour un même individu. Une anomalie du sperme n'est donc affirmée qu'après au moins deux spermogrammes anormaux à trois mois d'intervalle.


Comment faire un recueil de sperme ?

Préconisations pour le prélèvement :

Un délai d’abstinence sexuelle de 2 à 5 jours doit être respecté avant l’analyse du sperme, car en cas de résultats pathologiques, des variations pourraient être dues à un délai trop long ou trop court.

Une bonne hydratation dans les deux jours précédents le recueil (boire environ 2 litres d’eau par jour) est conseillée, afin de permettre, grâce à des mictions régulières, un lavage naturel des voies par lesquelles passe l’éjaculat.

En cas de forte fièvre, il est préférable de reporter le prélèvement à distance de l’épisode fébrile, car la fièvre peut altérer de manière importante le nombre et la qualité des spermatozoïdes, risquant de conduire à une prise en charge inadaptée.

Modalités de recueil:

Le recueil de sperme se fait par masturbation, dans un flacon stérile après toilette intime désinfectante et après avoir uriné. Il se réalise au laboratoire de préférence, dans une pièce dédiée.


Spermogramme et spermocytogramme

Le spermogramme permet l’analyse quantitative et qualitative des spermatozoïdes, et évalue également en partie la qualité des sécrétions des glandes associées, après un recueil de sperme par masturbation :

  • Au niveau macroscopique : volume, pH, viscosité, couleur, liquéfaction.
  • Au niveau microscopique : concentration des spermatozoïdes, mobilité, vitalité, présence ou non d’agglutinats, concentration des cellules rondes et des leucocytes.

La production de spermatozoïdes par les testicules se met en place à la puberté, et est ensuite un phénomène continu. Cependant, il peut présenter des fluctuations importantes pour un même individu, sans problème de santé. En cas de résultats pathologiques, il peut être souhaitable de répéter l’examen après 3 mois, notamment en cas de problème médical survenu dans les 3 mois précédent le spermogramme.

Le spermocytogramme évalue la morphologie des spermatozoïdes.

L' aspermie est l'absence totale d'émission de sperme.

L'azoospermie est l'absence de spermatozoïdes dans le sperme.

L'oligozoospermie correspond à une numération de spermatozoïdes inférieure ou égale à 15 millions spermatozoïdes/ml.

L'asthénospermie correspond à la présence de moins de 30 % de spermatozoïdes à mobilité normale.

La tératozoospermie correspond à la présence de moins de 4 % de spermatozoïdes morphologiquement normaux.

Spermoculture

La spermoculture est la recherche de microbes, de germes pathogènes, dans le sperme, recueilli par masturbation.

Normalement, le sperme est « stérile », c’est-à-dire indemne de la présence de germes responsables d’infection. Mais il peut y avoir des infections du sperme, sans fièvre ni autre signe, qui peuvent être responsables d’infertilité.

Au décours des tentatives de Procréation Médicalement Assistée, si ces germes sont présents, il peut y avoir soit un risque infectieux pour la patiente lors d’inséminations intra-utérines, soit des développements embryonnaires de mauvaise qualité lors de fécondation in vitro. C’est pourquoi cet examen est à renouveler régulièrement en cas de prise en charge en PMA.

Test de Migration-Survie ou test d’optimisation

Cette recherche est soumise à une demande d’entente préalable et est obligatoire avant toute assistance médicale à la procréation (AMP).

Ce test permet:

  • d’éliminer le plasma séminal et les leucocytes
  • de sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles et a priori les plus fécondants
  • d’évaluer quelle technique d’Aide Médicale à la Procréation/Procréation Médicalement Assistée, est la plus appropriée pour le couple.

Afin de réaliser des inséminations intra-utérines ou des fécondations in vitro dites « conventionnelles », il faut qu’il y ait au moins 1 million de spermatozoïdes de mobilité normale après ce test. En deçà de 1 million de spermatozoïdes de mobilité normale, une fécondation in vitro avec micromanipulation, également appelée ICSI, est proposée.

Recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes

Dans certains cas d’hypofertilité, bien que le nombre de spermatozoïdes soit satisfaisant, la mobilité peut être abaissée sans cause particulière, ou encore le test de Hühner dit « post-coïtal » peut être médiocre alors que la qualité de la glaire cervicale est bonne. Une recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes peut alors être proposée, la présence de ces anticorps pouvant dans certains cas être la cause de l’infertilité du couple.

Un test de dépistage évalue alors le pourcentage de spermatozoïdes mobiles agglutinés, soit par la tête, soit par le flagelle, à un support particulier. S’il y a moins de 50% des spermatozoïdes mobiles qui sont fixés au support,alors la présence de ces anticorps anti-spermatozoïdes n’est pas responsable de l’infertilité du couple.

Un test de confirmation n’est réalisé et remboursé que si le test de dépistage est positif. Au cours de ce test, une caractérisation du type d’anticorps et une quantification sont réalisées, à la fois dans le sperme obtenu par masturbation, mais aussi dans le sang.

Examens de la composition biochimique du sperme

Lors d’une éjaculation, les spermatozoïdes produits par les testicules, vont traverser les voies génitales masculines, et certains segments traversés (les épididymes, les vésicules séminales et la prostate) vont fabriquer des substances, que l’on appelle des marqueurs biochimiques qui sont retrouvés dans le sperme.

Un dosage abaissé pour un marqueur montre que le segment concerné ne fonctionne plus correctement :

  • un dosage augmenté peut signifier qu’il y a un phénomène inflammatoire ou infectieux de ce segment, qui va sécréter plus de marqueur en réponse à cette inflammation ou infection.
  • un dosage diminué peut signifier qu’il y a un obstacle à l’écoulement de ces sécrétions ou une diminution du fonctionnement du segment.

Les marqueurs étudiés sont :

  • pour les épididymes : l’alpha-glucosidase ou la carnitine
  • pour les vésicules séminales : le fructose
  • pour la prostate : le zinc, les phosphatases acides ou le citrate

Actualités

JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LA DRÉPANOCYTOSE:
19 JUIN 2019

19/06/2019

4ème priorité de santé publique dans le monde pour l’OMS après le cancer, le sida et le paludisme, la drépanocytose est la maladie génétique la plus fréquente dans le monde.

JOURNÉE MONDIALE DE LA SCLÉROSE EN PLAQUE (SEP) : 30 MAI 2019

30/05/2019

La SEP est une maladie inflammatoire du système nerveux central. Elle touche 2,3 millions d'individus dans le monde entier, principalement les femmes entre 20 et 40 ans.