VIH

Virus VIH

Fin 2014, dans le monde, on dénombrait 36,9 millions d’individus infectés par le VIH, dont 2 millions de nouveaux cas.  A elle seule, l’Afrique subsaharienne concentrait 70% des cas d’infection, et on estimait que 1 adulte sur 20 y était infecté.

L’espérance de vie et les conditions de vie des personnes séropositives se sont considérablement améliorées de nos jours lorsqu’elles bénéficient d’une prise en charge thérapeutique adaptée. Mais seuls 40% des sujets infectés ont accès aux soins.

En 2016, l’organisation mondiale de la santé s’est engagée à éradiquer le virus à l’horizon 2030 à travers un programme ambitieux de prévention et d’accès aux traitements pour toutes les populations.

En France, on estimait fin 2010 que 150.000 personnes vivaient contaminées par le VIH et que 50.000 personnes ignoraient leur séropositivité. Transmis essentiellement lors de rapports sexuels, les traitements actuels ne permettent pas de guérir la maladie mais de ralentir son évolution vers le sida, améliorant l’espérance de vie des personnes infectées.

Le virus VIH : qu'est-ce que c'est ?

Le Virus de l’Immunodéficience Humaine ou VIH, fait partie de la famille des retrovirus. A ce jour, deux types ont été identifiés : VIH-1 et VIH-2. En France, le VIH-1 représente 98% des cas de contaminations.

Après avoir infecté un individu, le VIH s’attaque aux cellules du système immunitaire, et en particulier les lymphocytes T CD4+. Ces cellules infectées ne sont plus capables de produire des anticorps et sont détruites ou rendues inactives, favorisant ainsi la propagation du virus.

Les premières années après l’infection, le sujet contaminé peut rester asymptomatique. Le virus est dépisté dans le sang par la réalisation d’une sérologie. Elle consiste à confirmer ou non la présence d’anticorps dirigés contre le VIH. Si la sérologie est positive, le sujet est dit « séropositif ».

Durant cette période, des maladies opportunistes surviennent. Elles sont le résultat de l’affaiblissement du système immunitaire : un micro-organisme sans gravité chez un individu « sain » devient responsable de maladies chez un individu infecté par le VIH.

Lorsque les cellules du système immunitaire ne sont plus assez nombreuses pour défendre l’organisme, le dernier stade de la maladie est atteint. On parle alors de syndrome de l’immunodéficience acquise ou SIDA.

La contamination par le VIH est une maladie à déclaration obligatoire. La déclaration obligatoire, gérée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), permet d’établir des relevés épidémiologiques permettant la mise en place rapide de mesures de contrôle ou de prévention.

Quels sont les modes de transmission du VIH ?

Le VIH est responsable d’Infections Sexuellement Transmissibles ou IST. En France, la transmission par voie sexuelle est le principal mode de contamination. Les rapports sexuels non protégés présentent un risque dès le premier contact, qu’ils soient anal, vaginal ou buccal, car le virus est présent dans le sperme, le liquide séminal et les sécrétions vaginales.

Les autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST) augmentent ce risque. De même que les premiers rapports sexuels, les rapports en période des règles ou lors des rapports violents responsables de lésions, même inapparentes.

Il est important de se faire dépister régulièrement pour les autres IST car le risque de contamination est augmenté par les lésions créées au niveau des muqueuses.

La transmission du VIH est également possible par le sang. Elle concerne surtout les utilisateurs de drogue par voie intraveineuse qui échangent leurs seringues usagées. La transmission par transfusion sanguine est exceptionnelle de nos jours en France du fait des contrôles pratiqués sur les donneurs, et tous les produits issus.

De même, il n’est pas recommandé de partager le nécessaire de toilette qui aurait pu être en contact avec du sang contaminé (rasoir, brosse à dent, coupe ongle).

Enfin, il est possible de transmettre le VIH de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement au sein. Ce risque est faible aujourd’hui du fait des contrôles pratiqués lors de la grossesse et de la prise en charge thérapeutique des mères séropositives.

La contamination par la salive, la sueur, les larmes ou les urines n’est pas possible.

Epidémiologie de l'infection par le VIH

En 2014, 6600 nouveaux cas de séropositivité ont été déclarés en France selon les informations communiquées par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), soit environ 17 cas pour 100.000 personnes par an.

Pour la période 2003-2008 (InVS), les populations les plus touchées étaient les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les personnes d’origine d’Afrique subsaharienne.
Pour l’année 2008, par comparaison avec la population hétérosexuelle, selon l’InVS, le risque d’être infecté par le VIH était 200 fois supérieur chez les HSH, 18 fois supérieur chez les consommateurs de drogues par voie intraveineuse et 9 fois supérieur chez les hétérosexuels de nationalité étrangère.

Quels sont les symptômes ?

L’infection par le VIH évolue sur plusieurs années par différents stades. On distingue la primo-infection, la phase chronique asymptomatique puis symptomatique et le sida. Quel que soit le stade de l’infection, un sujet infecté est contagieux.

Lors du premier contact avec le virus, on parle de primo-infection. Le virus est très actif et se multiplie dans l’organisme. Des symptômes plus ou moins marqués peuvent apparaître :

  • Fièvre supérieure à 38°C,
  • Ganglions lymphatiques,
  • Eruptions cutanées,
  • Douleurs musculaires,
  • Diarrhées, vomissements.

Ces symptômes disparaissent 3 à 10 jours après leur apparition, parfois plus tard. Ils sont peu spécifiques car d’autres infections moins graves peuvent présenter les mêmes symptômes. De plus, une personne infectée peut rester asymptomatique dans la moitié des cas.

En cas de conduite à risque les jours précédents, il est fortement recommandé de consulter son médecin traitant en présence de symptômes ou de ganglions lymphatiques sans localisation précise.
Peu de cas de VIH sont diagnostiqués à ce stade favorisant la dissémination du virus aux autres partenaires en cas de rapport non protégé.

Après la primo-infection, on parle de phase chronique. Elle est d’abord asymptomatique. Le virus continu à se multiplier et seuls des ganglions lymphatiques sont présents. Au fur et à mesure de l’affaiblissement du système immunitaire dû à la destruction principalement des lymphocytes T CD4+, des symptômes apparaissent :

  • Fièvre modérée,
  • Sueurs nocturnes,
  • Perte de poids,
  • Augmentation du volume des ganglions.

Le SIDA est le stade final de l’infection par le VIH. Il peut survenir 10 ans ou plus après la contamination. Les défenses immunitaires sont au plus bas. Des complications graves apparaissent telles qu’infections opportunistes, cancers, perte de poids.

Une personne non traitée au stade SIDA a une espérance de vie entre 2 et 5 ans.

Le VIH et la grossesse

Le risque de transmission du VIH de la mère infectée à l’enfant est rare en France du fait du suivi lors de la grossesse. On estime à moins de 2% le risque de transmission au nouveau-né par les mères séropositives traitées.

Après accouchement, il n’est pas recommandé aux femmes infectées d’allaiter le nouveau-né car le virus passe dans le lait maternel.

Comment se faire dépister ?

Le dépistage de l’infection par le VIH est réalisé à partir d’une prise de sang. Il est le seul moyen de savoir si l’on est infecté, la maladie pouvant rester asymptomatique plusieurs années.

En France, deux types de test de dépistage sont disponibles :

  • le test de dépistage « classique » (ELISA) réalisé dans un Laboratoire de Biologie Médicale, qui permet de déceler une contamination 6 semaines après un contact à risque,
  • le test de dépistage rapide à orientation diagnostique (TROD) réalisé par un professionnel de santé dans un Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) présents dans de nombreuses villes. Il permet de déceler une contamination 12 semaines après un contact à risque.Des associations peuvent également pratiquer ce test.
     

SE FAIRE DEPISTER AU LABORATOIRE

La sérologie est réalisée en première intention à partir d’une prise de sang. Les tests ELISA actuels utilisés pour cette sérologie dépistent des anticorps spécifiques du VIH-1 et du VIH-2 et une protéine de la membrane du VIH-1 : l’antigène p24. On parle de « tests combinés ».
En cas de sérologie positive ou douteuse, un test de confirmation (western-blot ou immunoblot) est réalisé sur le même prélèvement à l’initiative du biologiste. Ce test dépiste la présence de protéines spécifiques de la membrane du virus, différentes selon qu’il s’agit du VIH-1 ou VIH-2.
Dans tous les cas, une sérologie positive n’est validée que si elle est confirmée sur un second prélèvement afin d’exclure tout risque d’erreur sur l’identité de la personne infectée.

La charge virale n’est pas réalisée en première intention. Elle permet de quantifier la quantité de virus circulant dans l’organisme du sujet infecté à partir de son ARN (patrimoine génétique du virus). Elle est utile pour évaluer l’efficacité des traitements antirétroviraux prescrits aux patients infectés par le VIH.
Elle peut également être réalisée en complément d’un test de confirmation douteux ou négatif dans le cadre d’une sérologie positive.

La numération des lymphocytes T CD4+ dans le sang peut être réalisée pour évaluer le stade de l’infection. Si un taux normal se situe entre 600 et 1.200 lymphocytes T CD4+ /mL de sang, il est inférieur à 200 /mL de sang au stade sida.

Toute personne pensant avoir été exposée à un risque d’infection par le VIH doit réaliser un test de dépistage. Les mineurs peuvent réaliser gratuitement un TROD dans un CeGIDD.
 

A SAVOIR

Un test de dépistage négatif ne veut pas dire que son partenaire est séronégatif. La contamination n’est pas systématique lors d’un rapport sexuel. Pour s’affranchir du préservatif dans une relation de confiance, il est recommandé d’attendre d’avoir un test de dépistage négatif pour chaque partenaire 6 ou 12 semaines (selon le test ayant été réalisé pour le dépistage, ELISA ou TROD) après le début de la relation.

Toute personne susceptible d’avoir été contaminée doit se rendre aux urgences dans les 48 heures qui suivent la prise de risque pour une consultation et un éventuel traitement prophylactique.

Les traitements du VIH et du SIDA

Actuellement, il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer le virus dans l’organisme. Le traitement consiste en l’association de deux ou trois antirétroviraux : on parle alors de bithérapie ou trithérapie. Des résistances au traitement existent mais elles sont rares.

Les traitements ont pour objectif d’empêcher les sujets infectés d’évoluer vers le sida en maintenant un taux correct de lymphocytes T CD4+.

L’espérance de vie d’un patient infecté par le VIH est considérablement allongée avec une bonne prise en charge thérapeutique.

La prévention des infections à VIH

Il n’existe pas de vaccin contre le VIH. La prévention repose sur l’utilisation du préservatif lors des rapports sexuel, l’usage de matériel à usage unique pour les utilisateurs de drogues intraveineuses et la stérilisation et désinfection de tout matériel réutilisable présentant un risque de contamination.

Si ces mesures sont efficaces, il est également possible de renforcer cette prévention par l’administration de traitements antirétroviraux.

L’OMS recommande de traiter d’emblée toutes les personnes infectées par le VIH et les personnes exposées à un risque « substantiel » d’infection par le VIH. La Déclaration politique 2016 des Nations Unies sur la fin du sida reprend ces recommandations avec pour objectif d’endiguer l’épidémie de sida d’ici à 2030. Des objectifs ambitieux ont été définis avec entre autres une diminution de 95% du nombre d’enfants infectés par le VIH d’ici 2020, que 90% des personnes vivant avec le VIH soient traitées par antirétroviraux et que 90% des personnes infectées aient une charge virale indétectable.

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