Syphilis

Bactérie en spirale représentant la syphilis

En recrudescence depuis les années 2000, la syphilis, causée par la bactérie Treponema pallidum, fait partie des infections sexuellement transmissible les plus répandues de par le monde.

Transmise essentiellement lors de rapports sexuels non protégés, la bactérie peut également être transmise lors de la grossesse, de la mère à l'enfant, ou par échange de matériel injectable souillé entre toxicomanes.

D'aspect variable, les lésions qui évolue avec la maladie ne permettent pas toujours de poser un diagnostic à temps et expose alors l'individu infecté à de graves complications.

La syphilis : qu'est-ce que c'est ?

La syphilis est une maladie infectieuse sexuellement transmissible (IST) transmise par une bactérie de la famille des spirochètes : Treponema pallidum.

C'est une maladie strictement humaine provoquant des lésions cutanées et des muqueuses d'aspect variable.

La période d’incubation est longue : 3 semaines en moyenne.

Mode de transmission de la syphilis

La transmission se fait essentiellement par contact sexuel.

La tranche d'age la plus touchée sont les hommes de 20 à 49 ans, et majoritairement les femmes de moins de 29 ans.

Le dépistage de la syphilis est recommandé pour toute personne ayant des rapports sexuels non protégés, fellation comprise, et notamment pour la population homosexuelle masculine plus exposée.

La syphilis, de par les atteintes des muqueuses, représente un facteur aggravant de co-infection par le VIH. En effet, en 2014, un tiers des individus dépistés positifs pour la syphilis l'étaient également pour le VIH (selon l'InVS).

Moins représentés, les transmissions lors de la grossesse de la mère à l'enfant et lors du l'usage de matériel injectable souillé entre toxicomanes existent.

Il est possible de contracter la syphilis plusieurs fois dans une vie.

Symptômes de la syphilis

Syphilis primaire

Les symptômes interviennent en moyenne 3 semaines après le début du chancre et peuvent persister 2 à 6 semaines.

  • Ulcérations superficielles non douloureuses localisées au niveau des organes génitaux (chancre), de l’anus, de la bouche voir de la gorge,
  • Adénopathies…

Les symptômes disparaissent sans traitement après quelques semaines.

La bactérie reste présente dans le corps en l’absence de traitement et reste contagieuse.

Syphilis secondaire

Elle survient 6 semaines à 6 mois après l'apparition du chancre. Elle peut se manifester par l'apparition de :

  • Eruption cutanéo-muqueuse au niveau du tronc, visage, paumes de la main, plantes des pieds ou autres parties du corps.
  • Fièvre,
  • Méningite…

D’autres symptômes sont parfois associés :

  • Arthralgies,
  • Polyadénopathies...

Les symptômes disparaissent sans traitement après quelques mois.

La bactérie reste présente dans le corps en l’absence de traitement et reste contagieuse.

Syphilis latente

Elle est asymptomatique. La bactérie est toujours présente dans l’organisme.

On parle de syphilis latente précoce dans la 1ère année qui suit la contamination et de syphilis tardive au-delà de 1 an ou si le début ne peut être daté.

Syphilis tertiaire

Les symptômes peuvent survenir jusqu’à 25 ans après l’infection et se manifestent par :

  • Atteinte neurologique avec tabès, troubles de l’humeur, etc…
  • Atteinte cardiovasculaire avec artérite : atteinte de l’aorte qui survient entre 10 et 20 ans après le début de l’infection et qui peut conduire à sa rupture (anévrisme).
  • Atteinte oculaire : la rétine, les vaisseaux sanguins qui irriguent l’œil et les nerfs peuvent être atteints de façon irréversible et conduire à la cécité.

A ce stade, l’infection n’est plus contagieuse.

Syphilis et grossesse

Le dépistage de syphilis congénitale doit être réalisé au premier trimestre de la grossesse. Si ce dernier n’a pu être réalisé ou si la patiente est à risque, il est recommandé de faire un dépistage au troisième trimestre.

Peuvent survenir en cas de syphilis maternelle non traitée :

  • Insuffisance pondérale à la naissance,
  • Séquelles du nouveau-né,
  • Accouchement prématuré,
  • Mort fœtale.

Diagnostic biologique de la syphilis

Examen direct

Le diagnostic de syphilis est posé avec certitude si la bactérie est mise en évidence à l’aide d’un microscope à fond noir à partir d’un prélèvement réalisé au niveau d’un chancre.

Cependant, cette recherche est difficile à mettre œuvre techniquement et peu de laboratoires la pratique.

Sérologie

Le diagnostic de syphilis repose essentiellement sur la réalisation de sérologies confrontées à un interrogatoire du patient pour évaluer si il y a eu conduite à risque et pour évaluer quand les premiers symptômes ont pu apparaître.

En France, le dépistage de syphilis repose sur la réalisation de deux tests dont les méthodes diffèrent :

  • Un test à antigène non tréponémique : le VDRL.
  • Un test à antigène tréponémique : le TPHA.

Le TPHA est plus spécifique que le VDRL mais moins sensible d’où l’association de ces deux tests.

Des tests complémentaires (FTA, EIA…) peuvent être effectués pour aider au diagnostic.

Syphilis primaire

Le plus souvent, le VDRL se positive avant le TPHA après apparition du chancre.

La recherche des VDRL et TPHA peut être négative si elle est réalisée trop tôt (5 à 7 jours après apparition du chancre). Néanmoins, le contexte clinique avec présence d’un chancre reste cependant fortement évocateur d’une syphilis.

Dans tous les cas, il est impératif de réaliser une seconde sérologie à distance de la première (2 à 3 semaines) afin de juger de l’évolution des taux d’anticorps.

Après traitement, le VDRL se négative le plus souvent alors que le TPHA reste positif.

Syphilis secondaire

Les deux tests sont le plus souvent positifs.

Syphilis latente

Les deux tests sont positifs pour la syphilis latente précoce.

Pour la syphilis latente tardive, la positivité des tests dépend de l’ancienneté de l’infection.

Syphilis tertiaire

De nos jours, la syphilis tertiaire est rare en France et son diagnostic repose sur les sérologies associées à des examens biologiques autres (étude du LCR,…).

Traitement de la syphilis

Il n’existe pas de vaccin contre la syphilis.

Le traitement repose sur l’administration d’un antibiotique. La personne infectée et les partenaires sexuels doivent être traités.

L'utilisation de préservatifs, même lors de fellations, permet de se prémunir du risque de contamination.

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