Herpès

Virus de l'herpès

En France, on estime à 10 millions le nombre d’individus porteur du virus de l’herpès (HSV) dont 2 millions atteints d’un herpès génital, ce qui en fait l’une des principales causes d’infection sexuellement transmissible (IST).

L’herpès est une maladie le plus souvent bénigne dont on ne guérit pas. Le virus sommeille en nous avec la particularité de pouvoir se réactiver tout au long de la vie avec des impacts plus ou moins importants.

Souvent associé au « bouton de fièvre », l’herpès peut également infecter l’œil, les organes génitaux, les doigts... toutes les localisations sont possibles.

L'infection herpétique peut également s'avérer très grave : c'est le cas chez la femme enceinte, le nourrisson ou les personnes fragilisées.

L’herpès : qu’est-ce que c’est ?

L’herpès est un virus à ADN appartenant à la famille des Herpesviridae.

Cette famille regroupe de nombreuses sous-familles et genres dont les Herpes Simplex Virus (HSV) pour lesquels 2 types sont responsables d’infections chez l'homme : HSV-1 et HSV-2.

Le type HSV-1 est souvent associé aux infections oro-faciales (stomatites) alors que le type HSV-2 est plutôt associé à l’herpès génital mais l’inverse est possible. Le virus HSV est responsable de ce qui est communément appelé « bouton de fièvre ».

En France, on estime à 10 millions le nombre d’individus porteurs du virus de l’herpès dont 2 millions atteints d’un herpès génital, ce qui en fait l’une des principales causes d’infection sexuellement transmissible (IST).

Le virus de l’herpès à la particularité d’être un virus latent, c’est-à-dire qu’il sommeille dans le corps au niveau des ganglions toute la vie du patient. Il peut se réactiver (récurrences) à tout moment lors de stimuli (fatigue, stress, exposition aux UV, etc…). La fréquence de ces réactivations diminue avec l’âge.

Mode de transmission de l'herpès

Transmission directe

Seule l’espèce humaine est concernée par les infections à Herpes Simplex Virus (HSV) : la contamination est donc interhumaine. La transmission se fait essentiellement par contact direct entre une personne saine et une personne porteuse du virus lors de rapports sexuels, baisers, contact avec des lésions, etc…

La transmission du virus peut se faire en période de :

  • Primo-infection : c’est-à-dire lors du premier contact avec le virus,
  • Réactivation : lorsque le virus se réactive,
  • Excrétion virale asymptomatique : le virus est actif sans que le patient ne s’en aperçoive.

Pour les individus non infectés ayant un partenaire infecté, le risque de contamination est de 1 sur 10.

Si l’infection par le virus HSV-2 ne favorise pas la survenue d’infection par gonocoque, chlamydiae ou syphilis, il en va autrement du VIH. Les lésions provoquées par HSV-2 peuvent favoriser le passage du VIH. Des précautions doivent être prises en cas de symptômes.

Transmission indirecte

Le risque de transmission indirecte est faible du fait de la fragilité du virus HSV. On estime de 1h à 2h le pouvoir infectieux du virus sur un support exposé à l’environnement, et jusqu’à 3 jours sur des compresses humides.

Symptômes de l'herpès

Le virus HSV est responsable d’infections le plus souvent bénignes même si rarement elles peuvent se compliquer de formes graves.

Les symptômes lors des périodes de réactivation sont moins importants que ceux de la primo-infection.

 

Infections oro-pharyngées

Le plus souvent associées au virus HSV-1.

Primo-infection

La primo-infection peut ou non s’accompagner de symptômes mais reste le plus souvent asymptomatique. Elle intervient le plus souvent dans l’enfance.

Les symptômes qui peuvent être rencontrés sont :

  • Gingivostomatite chez l’enfant, pharyngite chez l’adulte,
  • Fièvre élevée,
  • Adénopathies cervicales.

Les lésions persistent environ 8 jours.

En l’absence de traitement, la guérison intervient spontanément en 15 jours au plus.

Les récurrences

Les réactivations font suites à divers facteurs déclenchant comme la fièvre, les règles, une infection, une exposition aux UV, un stress, etc…

Le site de prédilection lors des réactivations est le bord externe des lèvres, communément appelé « bouton de fièvre », mais les narines, menton et joues peuvent être concernés.

 

Infections cutanées

Toutes les localisations cutanées sont possibles.

 

Infections génitales

Le plus souvent associées au virus HSV-2.

Primo-infection

La période d’incubation est de 2 à 7 jours.

La primo-infection est asymptomatique dans 2/3 des cas.

Les symptômes qui peuvent être rencontrés sont :

  • Vésicules en bouquet localisées sur le pénis, le gland et le prépuce pour l’homme, les lèvres, la vulve et le périnée chez la femme. Une atteinte anale est possible.
  • Adénopathies inguinales,
  • Fièvre.

Les lésions persistent de 10 à 20 jours.

Les récurrences

Les symptômes lors des réactivations sont moins importants que pour la primo-infection. Les manifestations restent des vésicules en bouquet.

Les lésions persistent 6 à 7 jours.

 

Complications

Il existe des formes plus sévères :

  • Herpès néonatal : il est rare et associé essentiellement au virus HSV-2. Le virus est transmis lors de l’accouchement par la mère infectée et peut entraîner des séquelles importantes voire le décès du nouveau-né,
  • Méningo-encéphalite : rare, elle est responsable d’une nécrose cérébrale. Associée au virus HSV-1.

Herpès oculaire : kératoconjonctivite qui peut conduire à la cécité. Souvent associé au virus HSV-1.

Herpès et grossesse

L’herpès néonatal est grave et concerne environ 20 cas par an. Il est essentiellement associé à HSV-2. Il peut être responsable de graves séquelles et entraîner la mort du nouveau-né.

Le nouveau-né peut se contaminer principalement :

  • Pendant la grossesse à l’occasion d’une primo-infection,
  • Au moment de l’accouchement, si la mère présente une infection génitale due à HSV. Il s’agit du cas le plus fréquent.

Diagnostic biologique de l'herpès

Examen direct

L’examen direct consiste à mettre directement en évidence le virus HSV. Il est réalisé à partir d’un prélèvement biologique (grattage de vésicules herpétiques, LCR, etc…) dont la qualité est primordiale. Pour une meilleure sensibilité, le prélèvement doit être réalisé sur des lésions récentes.

Immunoflurorescence

L’immunofluorescence consiste à mettre en évidence le virus à partir d’une lame (issue d’un kit spécifique) sur laquelle le prélèvement biologique a été étalé.

Cette lame est examinée au microscope après addition d’un réactif spécifique. Si une fluorescence apparaît, la présence du virus est confirmée.

Méthode ELISA

Le principe est identique à celui de l’immunofluorescence. Il s’agit par contre d’une technique automatisé ne nécessitant plus une lecture au microscope.

PCR

La technique par PCR permet de mettre en évidence le matériel génétique du virus (ADN pour le HSV) après amplification. Elle peut être réalisée à partir de tout prélèvement biologique.

En pratique cette technique est peu réalisée car coûteuse et non remboursée par l’assurance maladie.

Culture

La culture consiste à inoculer le virus à partir du prélèvement biologique à étudier à des cellules in vitro. On observe l’effet sur ces mêmes cellules après 1 à 2 jours. Selon le résultat, on confirme ou non la présence du virus.

 

Sérologie

La sérologie se réalise à partir de sang prélevé chez le patient et consiste à dépister la présence d’anticorps spécifiques de HSV-1 et HSV-2.

Une sérologie négative n’exclue pas une infection à HSV si cette dernière est réalisée trop tôt (cas d’une primo-infection). Une sérologie peut être réalisée à distance (2 à 3 semaines) pour mettre en évidence une éventuelle séroconversion et donc la présence ou non d’une infection par HSV.

Traitement de l'herpès

Le traitement repose sur l’utilisation locale ou par voie orale d’un antivirus.

La personne infectée et les partenaires sexuels doivent être traités.

Prévention de l'herpès

Il n’existe pas de vaccin permettant de se prémunir d’une infection à HSV.

Il est recommandé de prendre des précautions et d’éviter les conduites à risques lorsque les symptômes sont présents : éviter le contact avec les femmes enceintes. Cependant, du fait de l’excrétion du virus qui peut être asymptomatique il est parfois difficile d’éviter une contamination.

Actualités

JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LA DRÉPANOCYTOSE:
19 JUIN 2019

19/06/2019

4ème priorité de santé publique dans le monde pour l’OMS après le cancer, le sida et le paludisme, la drépanocytose est la maladie génétique la plus fréquente dans le monde.

JOURNÉE MONDIALE DE LA SCLÉROSE EN PLAQUE (SEP) : 30 MAI 2019

30/05/2019

La SEP est une maladie inflammatoire du système nerveux central. Elle touche 2,3 millions d'individus dans le monde entier, principalement les femmes entre 20 et 40 ans.