Hépatite B

L’hépatite B est une maladie infectieuse d’origine virale très répandue. On estime que 250 millions d’individus en seraient atteints à travers le monde, dont un peu moins 300.000 pour la France.

Le virus de l’hépatite B (VHB) est un virus très contagieux transmis par le sang, les contacts sexuels ou lors de la grossesse. Si la vaccination permet de se prémunir de l’infection, elle ne concerne pas tous les individus. Des mesures simples de prévention existent.

On estime que 80% des cancers du foie seraient induits par une hépatite B. La particularité du VHB tenant au fait que 20% des cas d’hépatite B chronique évolue vers la cirrhose et le cancer du foie.

L'hépatite B : qu'est-ce que c'est ?

L’hépatite B est une maladie inflammatoire du foie d’origine infectieuse.

Elle est provoquée par le virus de l’hépatite B (VHB) qui appartient à la famille des Hepadnaviridae. Le virus possède pour génome un ADN.

Au niveau mondial, la répartition du virus n’est pas homogène. L’infection sévit sous forme d’endémies. C’est ainsi qu’en Afrique et Asie du Sud-Est, 90% de la population présente des anticorps spécifiques du VHB contre moins 20% de la population en Europe ou Amérique du Nord.

Quels sont les modes de transmission ?

Le virus de l’hépatite B est très contagieux, 100 fois plus contagieux que le virus HIV. Il peut résister jusque 7 jours dans l’environnement ambiant et infecter un individu le cas échéant.

La transmission peut se faire par le sang, par contact sexuelle et plus exceptionnellement de la mère à l’enfant lors de la grossesse.

La transmission par le sang peut résulter de plusieurs facteurs : accident d’exposition au sang pour les professionnels de santé, usage de drogues en intraveineuse ou nasal, tatouage, piercing ou soins médicaux si les règles d’hygiène sont insuffisantes.

Du fait des mesures de précautions actuelles, le risque de transmission lors d’une transfusion sanguine a de nos jours quasiment disparu.

Dans 30% des cas, le mode de contamination reste inconnu.

La période d’incubation est de 75 jours mais peut s’échelonner de 30 à 180 jours.

En France, on considère que 300.000 individus seraient atteints d’une hépatite B chronique dont la moitié l’ignore avec le risque de transmission que cela implique.

Quels sont les symptômes ?

Le virus de l’hépatite B est responsable d’une maladie du foie : l’hépatite B.

Il faut distinguer l’hépatite aigüe et l’hépatite chronique.

L’hépatite aigüe

On parle d’hépatite aigüe dans les 6 premiers mois qui suivent la contamination du patient.

Le plus souvent l’hépatite B aigüe est asymptomatique. Cependant, elle peut s’accompagner de symptômes tels que : jaunisse, fatigue, perte d’appétit, douleurs abdominales, nausées et/ou vomissements.

D’autres symptômes sont possibles mais moins fréquents : arthralgies, myalgies, fièvre.

Dans moins de 1% des cas, l’hépatite aigüe peut évoluer vers une forme plus grave d’hépatite : l’hépatite fulminante. Elle peut s’avérer mortelle. Une greffe de foie peut-être nécessaire.

L'hépatite aigüe guérit spontanément dans 90 % des cas chez l’adulte.

L’hépatite chronique

On parle d’hépatite chronique quand le virus est encore présent dans l’organisme au-delà de 6 mois après la contamination.

Le passage à la chronicité se fait pour 2 à 10% des personnes infectées par le VHB. Plus le sujet est jeune, plus le risque de passage à la chronicité est important : c’est ainsi qu’un nouveau-né infecté aura 90% de risque d’évoluer vers un hépatite B chronique contre moins de 10% pour un adulte immunocompétent.

La persistance du virus, responsable d’un syndrome inflammatoire, va entraîner une dégradation plus ou moins importante du foie avec formation de tissu fibreux : on parle de fibrose. Elle est également responsable de dégradations extra-hépatiques.

L’évolution de la fibrose peut conduire à formation d’une cirrhose. Cette évolution est lente est peut s’échelonner de 10 ans jusqu’à 40 ans après la contamination sans que le patient n’ait présenté de symptômes.

Les symptômes qui peuvent essentiellement se manifester sont les suivants :

  • Fatigue plus ou moins important pouvant être associée à une dépression,
  • Atteintes de la peau : purpura, démangeaisons, sécheresse de la peau…
  • Sécheresse de la bouche et des yeux : syndrome sec,
  • Douleurs articulaires et musculaires,
  • Vascularite,
  • Atteinte thyroïdienne,

Les symptômes ne sont pas liés à la sévérité de l’infection.

L'hépatite B et la grossesse

La contamination in utero est rare.

Le risque de contamination intervient surtout au moment de l'accouchement pour mère porteuse du VHB. La transmission se fait alors au nourrisson par contact avec des micro lésions (sang) ou les sécrétions vaginales.

Dans 90% des cas, le nourrisson va présenter une hépatite chronique. En effet, plus l’individu est jeune, plus le risque de passage à la chronicité est important.

De ce fait, depuis 1992, il est recommandé de rechercher l'antigène HBs (AgHBs) au cours du sixième mois de grossesse afin de connaître le statut sérologique de la mère.

Comment diagnostiquer l'infection ?

Le virus est détectable 30 à 60 jours après l’infection.

Le bilan sanguin

L’hépatite étant une atteinte du foie, de nombreux paramètres biologiques se trouvent perturbés. Le dosage des paramètres suivant peut révéler ou apporter une indication sur l’évolution de l’infection :

  • Les enzymes du foie et de la vésicule : transaminases (TGO, TGP), gamma-GT, phosphatases alcalines (PAL) et bilirubine. Leur taux augmente en cas d’infection.
  • Le taux de prothrombine (TP) : il s’agit d’un taux mesurant le temps de coagulation du sang. En cas d’hépatite, ce taux est allongé.
  • La numération formule sanguine (NFS) : le taux de plaquettes sanguines est abaissé en cas d’hépatite et le taux de leucocytes (globules blancs) peut être perturbé.

Attention : ces paramètres biologiques peuvent être perturbés dans un contexte autre que l’infection par le VHB. La réalisation d’une sérologie est donc indispensable pour confirmer ou non le diagnostic d’hépatite B.


La sérologie

La sérologie repose sur le dépistage d’anticorps ou d’antigènes spécifiques du VHB.

Il existe 3 principaux couples antigènes-anticorps recherchés : Ag HBs / Ac anti-HBs, Ag HBc / Ac anti-HBc et Ag HBe / Ac anti-HBe.

Antigène HBs (AgHBs)

L’antigène HBs traduit la présence du VHB.

La persistance de l’AgHBs au-delà de 6 mois caractérise l’hépatite B chronique.

En cas de surinfection par le virus de l’hépatite D, l’antigène peut transitoirement être non détectable.

Anticorps anti-HBs (AcHBs)

La présence des anticorps anti-HBs peut résulter :

  • D’une guérison,
  • D’une protection post-vaccinale vis-à-vis du VHB. Les anticorps anti-HBs sont considérés comme protecteurs pour un titre supérieur ou égal à 10 UI/l.

Les anticorps anti-HBS apparaissent 2 à 6 mois après le début de l’infection et persistent plusieurs mois à plusieurs années dans le sang.

Antigène HBc (AgHBc)

L’antigène HBc n’est pas recherché en pratique courante.

Anticorps anti-HBc (AcHBc)

Les anticorps anti-HBc ne sont pas des anticorps protecteurs. I

Ils apparaissent précocement dans le sang quelle que soit l’évolution de l’infection.

Les anticorps anti-HBc persistent plusieurs mois à plusieurs années dans le sang.

Antigène HBe (AgHBe)

L’antigène HBe est le témoin d’une replication virale intense et d’une contagiosité importante.

La persistance de l’AgHBe plus de 3 mois, concomitante à la présence de l’AgHBs, est un signe de passage à la chronicité.

Anticorps anti-HBe (AcHBe)

La disparition de l'AgHBe et l'apparition des AcHBe est un signe d'évolution favorable de la maladie.


Recherche de l’ADN viral par PCR

L’ADN représente le patrimoine génétique du virus.

Une recherche positive dans un liquide biologique permet de confirmer la présence du virus de l’hépatite B. Cependant, la quantité d’ADN retrouvée dans le sang ne permet pas de juger de la gravité de la maladie.

La réalisation de la PCR est essentiellement utilisée pour suivre l’efficacité des traitements.


A noter qu’il existe des tests sanguins permettant de mesurer le stade de fibrose hépatique (Fibrotest®, Fibromètre®). Ces tests peuvent se substituer à la biopsie du foie. D’autres tests permettent de mesurer le degré de nécrose inflammatoire (Actitest®).

Les traitements de l'hépatite B

Le traitement de l’infection chronique dans le cas de l’hépatite B repose sur deux médicaments : l’interféron qui stimule des défenses immunitaires et un antiviral qui bloque la multiplication du virus.

L’intérêt du traitement est double : éradiquer si possible le virus et permettre une amélioration de l’état du foie.

La prévention des infections à VHB

La vaccination constitue la prévention la plus efficace contre le VHB.

En France, elle est recommandée chez les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes à risque d’exposition au VHB. Elle est obligatoire pour le personnel de santé.

L’efficacité du vaccin est évaluée par le dosage des anticorps anti-HBs : un seuil supérieur à 10UI/l est considéré comme protecteur.

L’usage du préservatif constitue également un mode de prévention pour protéger son partenaire lors de rapports sexuels.

De plus, certaines règles d’hygiène permettent d’éviter le risque de contamination : ne pas partager son matériel de toilette (rasoir, brosse à dents, coupe-ongles, etc…), ne pas échanger son matériel en cas d’usage de drogues (cuillères, seringues, etc…).

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