AMP/PMA

Véritable espoir pour les couples infertiles ou porteurs de maladies graves transmissibles, l'Aide Médicale à la Procréation ou Procréation Médicalement Assistée regroupe un ensemble de techniques médicales et biologiques très élaborées permettant d'agir sur la reproduction en dehors du cadre naturel : Insémination artificielle, fécondation in vitro, don de gamètes, accueil d'embryon.

Les procédures d'AMP/PMA sont encadrées de manière très stricte par la loi et sont établies par une équipe médicale pluridisciplinaire spécialisée en fonction de la situation de chaque couple.

Qu'est-ce que l'AMP/PMA ?

AMP est l'abréviation de Aide Médicale à la Procréation. On parle aussi de PMA ou Procréation Médicalement Assistée.

Elle permet d'aider, comme son nom l'indique, certains couples hétérosexuels en âge de procréer qui présentent une infertilité ou une stérilité, c'est à dire soit des difficultés soit une impossibilité à concevoir un enfant de manière naturelle.

L’AMP englobe toutes les techniques nécessitant une manipulation en laboratoire des cellules sexuelles appelées gamètes, soit uniquement mâles (spermatozoïdes) ou bien mâles et femelles (spermatozoïdes et ovocytes). Le but de ces techniques est de faciliter la rencontre des gamètes et donc la fécondation.

Cette aide est régie par les textes de lois suivants :

  • Loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique
  • Décret n° 2006-1660 du 22 décembre 2006 relatif au don de gamètes et à l’assistance médicale à la procréation
  • Arrêté du 3 août 2010 relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation

Elle est réalisée par une équipe pluridisciplinaire et un laboratoire spécialisés dans l’exploration et le traitement de l’infertilité.

Dans quels cas est proposée l'AMP ?

Elle est proposée :

  • en cas d'infertilité/stérilité constatée médicalement et de manière adaptée à chaque cas
  • en cas de présence d'une maladie génétique grave dont l'un des parents est porteur et pour laquelle il existe un test diagnostic préimplantatoire sur l'embryon afin d'éviter la transmission à l'enfant (dans ces cas, seuls les embryons sains sont réimplantés dans le cadre d'une fécondation in vitro).
  • en cas de présence d'une maladie sexuellement transmise grave (ex : sida), afin d'éviter la transmission au conjoint

 

Quelles sont les techniques de l'AMP ?

Elles sont de 3 ordres :

  • Les inséminations intra-utérines
  • La fécondation in vitro sans micromanipulation, également appelée FIV conventionnelle
  • La fécondation in vitro avec micromanipulation, également appelée ICSI, abréviation de Intra Cytoplasmic Spermatozoa Injection

Quels sont les formalités préalables à l'AMP ?

Les formalités indispensables sont :

Au niveau administratif :

  • Demande d'assistance médicale à la procréation signée par les deux membres du couple
  • Consentement à la technique d'assistance médicale à la procréation signé par les deux membres du couple
  • Photocopie de la pièce nationale d'identité pour chaque membre du couple
  • Une copie du certificat de mariage ou de PACS ou du livret de famille ou une attestation de vie commune.

Au niveau biologique :

  • Des sérologies : HIV, Hépatite B (antigène HBS, anticorps anti-HBS et anticorps anti-HBC), Hépatite C et Syphilis pour les deux membres du couple. Ces analyses doivent dater de moins de 6 mois en cas de 1ère détermination, et de moins d'un an par la suite.
  • Analyses de sperme chez l'homme : spermogramme, spermoculture et test de migration-survie datant de moins de 6 mois.
  • Entretien avec un biologiste du centre spécialisé d'AMP.

Qu'est-ce qu'une Insémination intra-utérine ?

L'insémination intra-utérine ou IIU est pratiquée pour faciliter la rencontre entre l'ovocyte et le spermatozoïde dans trois principales circonstances :

  • Anomalie du col de l'utérus ou de la glaire.
  • Anomalie de la qualité du sperme
  • Échecs répétés de stimulation simple de l'ovulation

Elle peut se faire avec le sperme du conjoint ou d'un donneur.

C'est une technique simple, non douloureuse et efficace : la patiente reçoit un traitement de stimulation de l'ovulation au préalable pour le développement d'un ou plusieurs follicules. Cette étape, appelée monitorage de l’ovulation, est suivie par des prises de sang pour dosages hormonaux et des échographies. L'insémination est programmée au moment de la maturation du ou des follicules. Le même jour, le recueil de sperme s'effectue par masturbation et celui-ci subit une préparation au laboratoire destinée à concentrer dans un milieu de culture les spermatozoïdes les plus mobiles et a priori les plus fécondants. Dans certains cas, il est possible de recueillir le sperme par ponction dans les voies génitales masculines (canal déférent de l'épididyme) ou dans le testicule.

NB: du sperme décongelé provenant d'une cryoconservation sous forme de paillettes peut être utilisé en cas de don de sperme ou autoconservation du sperme du conjoint (après recueil chirurgical ou avant traitement médical type chimiothérapie par exemple)

Ce traitement permet de déposer les spermatozoïdes mobiles directement dans la cavité utérine de la femme à l'aide d'un cathéter approprié. La fécondation aura lieu de manière naturelle in vivo, dans les trompes de la patiente

Bien que 6 cycles d’inséminations intra-utérines soient remboursés, il n’est pas toujours approprié d’aller jusqu’à 6 inséminations. La poursuite des IIU après 4 inséminations réalisées dans de bonnes conditions sans grossesse dépend de l’âge de la patiente, de la réserve ovarienne et du type d’infertilité. Dans certains cas, il est souhaitable de réorienter le couple sans trop tarder vers des techniques de fécondation in vitro.

 

Qu'est-ce qu'une fécondation in vitro ?

La fécondation in vitro ou FIV a pour but de faciliter la fécondation de l'ovocyte par le spermatozoïde en dehors de l'organisme. Le ou les embryons ainsi obtenus sont ensuite réimplantés dans l'utérus de la femme pour poursuivre leur développement.

Après stimulation hormonale de l'ovulation et déclenchement de celle-ci à maturation des follicules, une ponction folliculaire est effectuée sous anesthésie locale ou générale sous contrôle échographique. Le plus souvent, 5 à 10 ovocytes sont ainsi recueillis.

Comme pour l'insémination, le sperme est également préparé en laboratoire de façon à sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles. Puis, les deux types de gamètes sont placés dans un milieu de culture nutritif dans un incubateur à 37°C : la fécondation se déroule alors sans intervention extérieure. L'embryon ou les embryons obtenus sont transférés en général deux à trois jours après la ponction, sous contrôle échographique, au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus où ils vont se développer.

NB : quand la totalité des embryons obtenus ne sont pas tous transférés, ceux-ci dits surnuméraires peuvent être congelés. Ils pourront être décongelés par la suite en cas de nouvelle tentative. Ils pourront être également proposés au don pour autrui si non utilisés par le couple.

La FIV peut également faire appel au don de sperme, d'ovocytes ou d'embryons.

Qu'est-ce qu'une FIV avec ICSI ?

Dans certains cas d'infertilité, la fécondation in vitro avec micro-injection ou ICSI est utilisée. Cette technique consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovocyte in vitro en laboratoire. Le ou les embryons ainsi obtenus sont ensuite réimplantés dans l'utérus pour poursuivre leur développement.

Cette technique nécessite une préparation spéciale des ovocytes et des spermatozoïdes. Notamment, après une étape de "décoronisation" consistant à enlever la couronne de cellules qui les entoure, seuls les ovocytes matures sont micro-injectés.

Les étapes suivantes suivent alors celles de la FIV classique.

Effets indésirables au cours de l'AMP ?

Ils sont minimes de type bouffées de chaleur, douleurs abdominales, prise de poids modérée, saignements vaginaux…

Quelles sont les complications de l'AMP ?

Les complications au cours des traitements de l'AMP sont rares voir exceptionnelles pour certaines.

1/ risques à court terme

  • syndrome d'hyperstimulation ovarienne secondaire à une réponse excessive à la stimulation ovarienne : gonflement et douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées, ovaires très gros, prise de poids brutale, gène respiratoire, nécessitant une consultation en urgence.
  • hémorragie abdominale secondaire à la ponction ovarienne
  • infection secondaire à la ponction ovarienne
  • risques anesthésiques
  • formation de caillots sanguins (embolie pulmonaire, phlébite, accident vasculaire cérébral)
  • torsion des ovaires et des trompes
  • allergie aux produits
  • grossesse extra-utérine
  • grossesse multiple et ses complications comme la prématurité

possibilité non exclue d’une altération du sperme, des ovocytes ou des embryons liée à la technique.

2/ risques à long terme

Aucune étude n'a montré actuellement une augmentation du risque de cancer de l'utérus, du sein et des ovaires après stimulation ovarienne. Même constatation pour le risque cardiovasculaire et de formation de caillots sanguins.

Les risques sur l'enfant né par AMP ne sont pas démontrés actuellement.

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